Résumé

Anonyme Du Danube à l’Adriatique

Or, en tout pays, le caprice de l’homme, c’est la femme. Voilà le mot de l’énigme. Jamais les peuples n’auraient pu, — je ne dis pas se fondre, cela est trop évident, — mais même vivre en paix côte à côte, s’il ne s’était trouvé en présence que des museaux masculins. Tout seuls, nous ne sommes bons qu’à nous entretuer. Mais la femme était là, et, comme d’habitude, elle a séduit son farouche vainqueur. Elle avait de grands yeux bruns, des cheveux noirs comme l’aile du corbeau, un air doux, et peut-être quelque littérature, ce qui devait tourner la tête à ces barbares du Nord.
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Anonyme Du Danube à l’Adriatique

Mais, au milieu même de la péninsule, il y a un grand trou noir que nous ne savons comment combler. Tel un astre mal refroidi, dont les trois quarts seraient à l’état de nébuleuse. En Thessalie et en Épire, nous nous sentons encore sur le terrain solide du baccalauréat. Au nord du lac d’Ochride, notre érudition perd pied jusqu’au Danube. Nous n’apercevons qu’un vide énorme que nous remplissons au hasard de montagnes hirsutes, de marais infinis et de peuples inquiets, dont la distraction favorite est de lancer des pétards sous les pieds de l’Europe.
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Anonyme Du Danube à l’Adriatique

C’est elle qu’on reblanchit tous les ans avec amour, et qu’on pare de fresques rudimentaires, représentant invariablement un arbre vert-pomme avec un ciel bleu marin. Longue et basse, flanquée d’une galerie, encadrée de verdure, baignée de soleil, elle fait vraiment bon effet. C’est l’institution la plus ancienne et la plus solide de la péninsule des Balkans. Ces longs chapelets d’auberges qui vont d’une mer à l’autre sont comme autant de petits centres nerveux qui donnent de la vie aux provinces et les relient les unes aux autres malgré les gendarmes et les frontières.
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