Charles Loiseau

Résumé

Charles Loiseau Revue des Deux Mondes

Au fond de l’idée serbe, il y a certainement répugnance à accepter l’unité de civilisation en Europe, défi du slavisme à l’occidentalisme, érection d’un autel contre un autel. Mais précisément les Croates, placés sur la frontière de deux mondes, tenant à l’un par le sang, à l’autre par l’adoption, soutirent violence et réclament, en leur qualité bizarre de Jugo-Slaves austro-latins, une autonomie au moins provisoire, qui sauvegarde leur équilibre moral.
Tel est le milieu dans lequel, sous l’égide de l’idée nationale, le serbisme cherche à s’implanter.
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Charles Loiseau Revue des Deux Mondes

La politique hongroise ne se borne donc pas à entreprendre sur la personnalité de la nation croate, qui ne compte que deux millions et demi d’âmes ; elle refoule l’idée commune et chère à la plupart des Jugo-Slaves de la monarchie, par la seulement on jugera du caractère véritable de la réaction qu’elle provoque. Une opposition, en Croatie, qui se bornerait à réclamer une somme plus large de libertés publiques, qui serait un pastiche de la guerre ; que les « progressistes » de l’Occident font depuis si longtemps au principe autoritaire, manquerait d’intérêt et n’aurait qu’un avenir banal.
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Charles Loiseau Revue des Deux Mondes

Il n’en est pas moins vrai que la Serbie a une église nationale, qui reste, à la lettre, une des faces de la patrie et au dehors se confond avec elle. Ses hommes d’Etat, ses écrivains, diront que c’est par nécessité politique qu’ils entretiennent dans le Banat, dans le Syrmium, en Bosnie, cette sorte de compénétration du sens national et du sens religieux, et nous les croyons volontiers. Seulement la masse ne distingue pas. Peu à peu elle s’habitue et on l’habitue à identifier le non-orthodoxe avec l’ennemi de la Serbie, et ce sont précisément ces non-orthodoxes qu’il faudrait gagner.
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