Résumé

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye La Belle Rafaella , par Arsène Houssaye… (1883)

C'est l'amour qui fait la poésie ! Depuis un an la chanson n'avait pas vieilli d'un jour, elle était plus douce encore, parce qu'elle pénétrait mieux dans le cœur.
L'amour avait si bien pris Giorgione qu'il ne songeait presque plus à peindre, il avait à peine le temps d'être heureux. Il jouait du luth, parfilait des vers, parce que jouer du luth ou faire des chansons, c'est ne rien faire.
Un bruit d'oiseau fit tourner la tête à Giorgione ; Bianca s'imagina qu'elle était découverte, et elle alla bravement vers les amoureux dans sa belle désinvolture.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye La Belle Rafaella , par Arsène Houssaye… (1883)

Giorgione s'est peint plus d'une fois. On peut étudier à Venise et à Munich sa tête énergique et douce, forte et tendre. L'intelligence a élargi ce front superbe, l'amour a tempéré par un sourire cette lèvre fière. C'est la beauté, mais la beauté impérieuse qui n'est pas comprise par les femmes. Ce n'est pas le miroir à coquette, qui, comme fe miroir, n'a qu'une surface polie.
Giorgione, par son aspect rude et méditatif, ferait peur à une petite-maîtresse ; mais une
vraie femme s'y prendrait par le cœur et par l'âme.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye La Belle Rafaella , par Arsène Houssaye… (1883)

Bianca Lorenzini et Morto da Feltro ne reparurent jamais à Venise.
Morto da Feltro garda-t-il le bonheur qu'il avait ravi à Giorgione?
Les peintres de l'atelier de Giorgione qui avaient connu Bianca ne la rencontrèrent jamais dans leurs pérégrinations à Florence, à Milan et à Rome. Elle poussa même l'oubli de Venise jusqu'à y laisser ses biens.
Peut-être cette belle coureuse d'aventures mourut-elle de mort violente. Qu'importer on
lui pardonne sa vie, mais on ne lui pardonne pas la mort de Giorgione, quand on songe à ce fier et doux génie frappé dans sa force et dans sa jeunesse.
Source : Gallica

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