Auguste Villiers

Résumé

Auguste Villiers,  Le conscrit de Corbeil (1882)

“ Maurice ne songeait pas à se défendre contre ce père courroucé. Le poids de sa faute l'accablait.
Mais Jenny se remit vite et d'un bond fut dans les bras de son père, qu'elle prit par le cou.
— Père, cria-t-elle, au nom de l'amour que tu as pour ta Jenny, au nom de ma mère que tu aimes, je ne veux pas que tu frappes le père de mon enfant !
L'effet de ces paroles fut magique.
La masse tomba des mains de M. Durand.
— Il est père, dit-il ; ah ! je serai vengé ; s'il a du cœur, il va commencer à aimer et à souffrir.
”
Source : Gallica

Auguste Villiers,  Le conscrit de Corbeil (1882)

“ Au pied de cet arbre, Jean-Pierre s'arrêta.
Le paquet qu'il portait tomba à ses pieds.
Il regarda machinalement autour de lui. A droite, la carrière sombre; devant lui et derrièrelui, la route, qui semblait lui dire: par là, c'était le bonheur, en avant c'est l'inconnu; tout autour, les arbres.
Cette solitude le saisit, l'étreignit, le terrassa.
Il murmura tout bas : - Oli! Jenny, Jenny, si tu m'avais aimé!
Il voulut lutter, se redresser, vaincre cette faiblesse indigne d'un homme; mais il avait trop de chagrin et trop d'amour.
”
Source : Gallica

Auguste Villiers,  Le conscrit de Corbeil (1882)

“ Jean-Pierre se mit à genoux près du fauteuil et pressa les deux mains de Jenny sur ses lèvres.
— Ma bien-aimée, dit-il, mon amour ne raisonne pas et n'a point de ces subtilités. J'aime pour aimer, voilà tout. Vivante ou morte, je t'ai donné ma vie. A toi d'en faire ce que tu voudras. Si tu m'aimes, le ciel est ouvert pour moi ; si tu ne m'aimes pas, je n'en suis pas moins là, toujours prêt à t'obéir, à te venger ou à mourir pour toi.
”
Source : Gallica

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