Auguste Villiers

Élements biographiques

Auguste Villiers Le fils de l'assassin (1883)

Bien, fit Armande très émue ; c'est bien, Prosper, allez, merci.
Prosper se retira, et Armande alla devant sa glace rajuster un peu sa coiffure et poser un fichu sur son cou.
La femme n'oublie jamais de regarder si elle est jolie.
Comme l'avait dit Prosper, André Rémy, assis dans sa chambre, était fort triste.
Ah ! il songeait, et il y avait de quoi.Tous ses rêves s'engloutissaient d'un seul coup : Son amour et sa vengeance !
En effet, que ferait-il, loin de l'usine de St-Denis, sans revoir Armande? Il oublierait Billou, ce Billou, ce misérable qu'il avait juré de trouver et de détruire.
Source : Gallica

Auguste Villiers Le conscrit de Corbeil (1882)

Maurice ne songeait pas à se défendre contre ce père courroucé. Le poids de sa faute l'accablait.
Mais Jenny se remit vite et d'un bond fut dans les bras de son père, qu'elle prit par le cou.
— Père, cria-t-elle, au nom de l'amour que tu as pour ta Jenny, au nom de ma mère que tu aimes, je ne veux pas que tu frappes le père de mon enfant !
L'effet de ces paroles fut magique.
La masse tomba des mains de M. Durand.
— Il est père, dit-il ; ah ! je serai vengé ; s'il a du cœur, il va commencer à aimer et à souffrir.
Source : Gallica

Auguste Villiers Le conscrit de Corbeil (1882)

Au pied de cet arbre, Jean-Pierre s'arrêta.
Le paquet qu'il portait tomba à ses pieds.
Il regarda machinalement autour de lui. A droite, la carrière sombre; devant lui et derrièrelui, la route, qui semblait lui dire: par là, c'était le bonheur, en avant c'est l'inconnu; tout autour, les arbres.
Cette solitude le saisit, l'étreignit, le terrassa.
Il murmura tout bas : - Oli! Jenny, Jenny, si tu m'avais aimé!
Il voulut lutter, se redresser, vaincre cette faiblesse indigne d'un homme; mais il avait trop de chagrin et trop d'amour.
Source : Gallica

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