Joséphine Colomb, Le bonheur de Françoise (1891)
“ Elle ne sentait point ce qu'il y avait de cruel à étaler aux yeux d'une orpheline sans abri de douces images de bonheur domestique, de foyer aisé, de famille heureuse ; elle ne le sentait pas, parce qu'elle n'était nullement égoïste ni envieuse. Elle était contente d'entendre parler d'Yves et de Malo ; elle se réjouissait de penser qu'ils seraient heureux, et l'idée ne lui venait pas de se dire : « Et moi? » Ce qui nous rend le plus malheureux en ce monde, c'est de comparer notre sort à celui d'autrui ; d'autant plus que, pour ces comparaisons, ce n'est jamais au-dessous de soi qu'on regarde. ”
