Joséphine Colomb

Résumé

Joséphine Colomb Le bonheur de Françoise (1891)

Elle ne sentait point ce qu'il y avait de cruel à étaler aux yeux d'une orpheline sans abri de douces images de bonheur domestique, de foyer aisé, de famille heureuse ; elle ne le sentait pas, parce qu'elle n'était nullement égoïste ni envieuse. Elle était contente d'entendre parler d'Yves et de Malo ; elle se réjouissait de penser qu'ils seraient heureux, et l'idée ne lui venait pas de se dire : « Et moi? » Ce qui nous rend le plus malheureux en ce monde, c'est de comparer notre sort à celui d'autrui ; d'autant plus que, pour ces comparaisons, ce n'est jamais au-dessous de soi qu'on regarde.
Source : Gallica

Joséphine Colomb Le bonheur de Françoise (1891)

Vite l'assiette! la crêpe est faite. A une autre maintenant! à une troisième! Elles s'accumulent en colonne sur l'assiette, une belle colonne fumante qui sent bon. Il n'y a plus de pâte; qu'on éteigne le feu et que chacun mange sa part.
Pauvre Françoise! elle ne se souvenait pas d'avoir jamais été à pareille fête. Elle soupa, elle but du cidre doux qui moussait et qui piquait, elle écouta les récits du père Malo Pierzik et ouvrit ses yeux tout grands et tout brillants à deux ou trois aventures où Yves s'était montré un vaillant gars et un vrai marin.
Source : Gallica

Joséphine Colomb Le bonheur de Françoise (1891)

Pleure, pauvre Françoise, pleure! Les larmes sont un don de Dieu; heureux encore, parmi les infortunés, celui qui peut pleurer! Pleure! quand on a bien pleuré, on prie, et la prière fortifie et console. Pense à Yves, qui est mort en faisant son devoir d'homme, et qui a donné sa vie pour sauver ses frères; garde son cher souvenir, pour être toujours digne de lui. Pense aux devoirs qu'il t'a légués, et que la tâche qu'il te reste à accomplir te trouve courageuse et aimante. N'envie pas la pauvre insensée, ne t'irrite pas contre elle
Source : Gallica

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