Auteur : Émile Ollivier

Résumé

Auteur : Émile Ollivier Revue des Deux Mondes

Le 3 décembre 51, Baudin est mort ! la République est morte ! vive l’Empereur ! — Le 3 novembre 68, un autre cri répond d’un cimetière ; Vive Baudin ! vive la République ! à bas l’Empereur ! — La presse a dénoncé le crime. Trois jugea ont rendu l’arrêt. Peuple, à quand l’exécution ? A bas l’Empereur ou à bas Baudin une seconde fois ! Point de plébiscite pour le plébiscite ! Point d’absolution pour le tyran ! Plus d’obéissance au contumace ! Plus de serment au bourreau dont nous honorons le martyr ! Plus d’opposition, révolution ! Pas de milieu ! pas plus d’Empire libéral que d’Empire absolu !
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Auteur : Émile Ollivier Revue des Deux Mondes

Vincit qui patitur : savoir souffrir, c’est vaincre. Cessez donc de fabriquer des lois pour punir la pensée, réprimer les opinions, combattre les erreurs : n’entendez-vous pas la voix du temps qui affirme et qui répète que vous ne pouvez rien ? L’erreur n’a d’autre juge, d’autre dominateur que la vérité. Entre l’erreur et la vérité, il y a un combat éternel et les vicissitudes de ce combat, et les défaites et les victoires qui se succèdent, c’est l’histoire même du génie humain. On doit au bien la protection qu’on ne doit pas au mal, mais au mal autant qu’au bien on doit la liberté [2] .
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Auteur : Émile Ollivier Revue des Deux Mondes

Il faut opter : ou bien poursuivre la licence, et par là même condamner la liberté, ou bien respecter la liberté, mais alors tolérer la licence. Pour mon compte, je n’hésite pas. L’absence de liberté, c’est l’affaiblissement des caractères, l’énervement de la vie sociale ; c’est l’incrédulité sur tout ce que disent et affirment les agens du pouvoir. Quand la liberté existe, il y a des orages, il y a des jours d’épreuve, des heures de combat ; la vie, pour les hommes qui sont au gouvernement, n’est pas une vie de sybarites, c’est une vie de difficultés et de périls.
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