Résumé

É. Ollivier Revue des Deux Mondes

Bismarck n’oublia jamais que, sous la simplicité aimable de Guillaume, veillait l’orgueil d’un roi de droit divin. Quelque affermi qu’il se sentît, il conserva l’attitude d’un sujet déférant devant le maître qui l’a élevé et qui, d’un geste, peut le culbuter. Le plus souvent, il semblait accepter les décisions qu’il venait de suggérer. Même à ces heures d’angoisse où quelque licence se justifierait, il ne paraît pas s’être écarté dans ses véhémences du respect le plus strict ; je doute qu’il ait jamais pris vis-à-vis de son roi le ton de Cavour envers le sien, après Villafranca.
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É. Ollivier Revue des Deux Mondes

V Je ne me suis jamais proposé de rétablir ce détestable parlementarisme, ni de convertir Louis-Napoléon en un être Louis-Philippe, ni de devenir le doctrinaire de la majestueuse imbécillité [11] : le roi règne et ne gouverne pas. Je voulais tenter une œuvre nouvelle, originale, et constituer la liberté telle qu’elle pourrait s’adapter à un Empire et à un Empereur.
Or, il ne peut pas y avoir d’Empire, si l’Empereur n’est actif et responsable : il l’était. Je souhaitais seulement qu’il ajoutât à sa responsabilité devant la nation celle de ses ministres devant le Parlement.
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É. Ollivier Revue des Deux Mondes

Si M. de Bismarck avait eu une éducation complète, il serait un des premiers hommes d’État de l’Allemagne, si ce n’est le premier. Il est courageux, ferme, exalté, plein d’ardeur, mais incapable de sacrifier une idée préconçue, un préjugé, à n’importe quelle raison d’un ordre supérieur ; il n’a pas le sens pratique de la politique ; c’est un homme de parti dans la force du mot, et, comme il a du charme et de l’influence en affaires, nous ne voyons pas ce choix sans inquiétude, parce que ce n’est pas un ami que nous aurons là.
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