Charles Noiret, Mémoires d'un ouvrier rouennais… (1836)
“ Non, sans doute, me dira-t-on, parce qu'il a servi la patrie ; mais il me semble que l'on sert la patrie quand on lui est utile, n'importe comment: je ne' pense pas qu'un artisan qui a travaillé pendant cinquante ans, ne lui ait pas été aussi utile qu'un soldat qui est resté trente ans sous les drapeaux ; car, s'il faut des bras pour défendre le pays, il en faut aussi pour le nourrir et pourvoir à tous ses besoins ; et si l'artisan a dépensé ses sueurs, sa jeunesse pour la société, en retour, elle lui doit du pain quand il n'en peut plus gagner et qu'il ne lui reste pas de quoi s'en procurer. ”
