Comtesse de Boigne

Résumé

Comtesse de Boigne Revue des Deux Mondes

J’osai m’étonner et regretter que Mme la duchesse de Berry n’eût pas eu recours à elle dans son malheur.
— Ah ! ma chère, que ne l’a-t-elle fait !... Ils auraient dit ce qu’ils auraient voulu ; mais rien ne m’aurait empêchée d’aller la soigner moi-même, si on n’avait pas voulu la mettre à l’abri de cette honte !... Après tout, c’est la fille de mon frère !... Et encore, c’est de Blaye que je m’occupe le moins. Mais cette pauvre Dauphine ! Oh ! mon Dieu, cette pauvre Dauphine !... si pure, si noble, si sensible à la gloire ! quelle douleur ! quelle humiliation ! voir salir ses malheurs !
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Comtesse de Boigne Revue des Deux Mondes

Lorsque le temps aura permis de voiler la fatale et ridicule catastrophe fournie par l’inexorable histoire, on s’exaltera volontiers sur une princesse, une mère, bravant toutes les fatigues, tous les périls, tous les dangers, pour venir réclamer l’héritage de son fils proscrit et déjà orphelin par un crime...
Mme la duchesse de Berry a de l’esprit naturel, le goût, l’instinct des arts et l’intelligence de la vie élégante. Elle porte habituellement de la bonté, de la facilité dans son commerce, mais trop souvent aussi la maussaderie d’une personne gâtée, d’une enfant mal élevée.
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Comtesse de Boigne Revue des Deux Mondes

Je reconnais Mme la duchesse de Berry moins redoutable à Blaye que sur les bancs d’une cour d’assises, mais elle le sera encore beaucoup plus qu’en Vendée. Croyez-le, monsieur Thiers, elle vous y suscitera bien plus d’ennemis et chaque jour elle y grandira. Vous vous faites illusion de penser que tout sera fini par son arrestation. Les larmes royales se lavent par le sang, et le sang royal par les calamités publiques.
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