Résumé

Ctesse Mercédès Merlin Les esclaves dans les colonies espagnoles

Le maître est pour l’esclave la patrie et la famille ; l’esclave porte le nom du maître, reçoit ses enfans quand ils viennent au monde, les nourrit de son lait, les sert avec adoration dès leur plus tendre enfance, et, lorsque la maladie arrive, veille son maître nuit et jour, lui ferme les yeux à sa mort, puis se traîne par terre, pousse d’affreux hurlemens, et, dans son désespoir, se déchire la peau de ses ongles. Mais, si quelque âpre ressentiment s’éveille dans son ame, la férocité du sauvage reparaît ; il est ardent dans sa haine comme dans son amour.
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Ctesse Mercédès Merlin Les esclaves dans les colonies espagnoles

N’avons-nous pas encore sous les yeux le triste résultat de la révolution de Saint-Domingue, île jadis riche, florissante, splendide, aujourd’hui pauvre, inculte, délaissée, et produisant à peine de quoi nourrir ses oisifs habitans, toujours ivres de vin et de fumée de tabac ? La paresse a d’autant plus d’empire sur les nègres, qu’elle n’est pas combattue par le besoin. À Cuba, la nature suffit avec luxe à tous leurs désirs ; le sol offre sans culture et en profusion des racines colossales qu’on assaisonne avec des aromates exquis, sans autre peine que celle de se baisser pour les cueillir.
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Ctesse Mercédès Merlin Les esclaves dans les colonies espagnoles

Si elle éclatait un jour, elle blesserait à mort la métropole en détruisant sa belle et fidèle colonie.
L’esclavage, à Cuba, n’est point comme ailleurs un état abject et dégradé ; l’esclave est à couvert des caprices ou des fureurs insensées du maître, et l’homme de couleur libre n’est pas dépouillé des droits et garanties du citoyen, parce qu’il a été vendu un jour. Nulle part la voix de la philosophie et de la raison n’exerce autant d’empire sur les préjugés du rang et de la fortune.
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