Félix Clavé

Résumé

Félix Clavé Revue des Deux Mondes

Un jour, Cadix s’étonna de voir arriver d’Amérique un navire chargé de piastres. On crut les Indes reconquises, les mines du Nouveau-Monde rouvertes à l’Espagne, le temps des galions revenu : c’était Cuba, la petite colonie, l’île si long-temps méprisée, qui envoyait à la métropole son premier tribut en récompense de la liberté commerciale qu’elle en avait reçue dix années auparavant. Le fait était incompréhensible pour les gens qui ne savaient pas (et le nombre en était grand en Espagne) ce que l’indépendance du commerce peut apporter d’activité et d’opulence dans une colonie agricole.
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Félix Clavé Revue des Deux Mondes

Il n’en fallait pas davantage ; au bout de quelques jours, cent navires de tous tonnages, arrivant de l’Amérique du Nord, jetaient l’ancre dans la baie de la Havane, apportant l’abondance et l’espoir aux lieux où régnaient la consternation et la disette. C’était toute une révélation. Cuba s’aperçut qu’elle pouvait être riche et puissante par elle-même, que la fécondité de son sol et le bonheur de sa position lui permettaient de se passer de tout le monde, pour peu qu’on laissât quelque liberté à son commerce. L’enivrement fut aussi grand que le désespoir avait été profond.
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Félix Clavé Revue des Deux Mondes

On vient de voir par quelle série de raisons les Cabanes furent conduits à déplorer le commerce des esclaves et à désirer l’extinction de l’esclavage ; voyons comment ils s’y sont pris pour préparer sans danger l’émancipation des nègres et pour encourager la colonisation blanche. Dans l’île de Cuba, les chaînes de l’esclavage sont trop légères pour qu’on puisse admettre que les noirs cherchent d’eux-mêmes à les secouer. Il faut rendre cette justice au caractère des colons espagnols, aucun peuple d’origine européenne ne s’est montré si doux et si humain envers la race noire.
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