Résumé

Essais et notices, 1861/03

“ La nouveauté fut de créer au-dessus des institutions franques des institutions impériales, au-dessus des lois particulières de chaque nation des lois générales, obligatoires pour tous. On comprendra grandeur et la fragilité d’une telle œuvre : c’est l’ordre à côté du désordre, c’est, le despotisme superposé à l’anarchie, une machine monstrueuse que fait mouvoir la main de Charlemagne, et que nul autre ne saurait manier. Effrayé d’une décadence dont il ne parlait qu’en versant des larmes, Charlemagne s’efforçait de rendre la vie à tout ce qui l’avait possédée, barbarie, civilisation, religion. ”
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Essais et notices, 1861/03

“ La science et la piété luttent contre le désordre intérieur, comme trois siècles auparavant elles luttaient contre la barbarie étrangère. Une révolution sociale immense rajeunit l’Occident. L’esprit humain a désormais le champ libre ; il refait, avec les débris du passé, les croyances en même temps que les institutions et le langage. Les écoles s’élèvent contre les écoles. La philosophie attaque la théologie ; elle prétend l’expliquer, elle veut lui imposer ses lois. Alors, dans l’ordre intellectuel comme dans l’ordre matériel, la tyrannie succède à l’anarchie. ”
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Essais et notices, 1861/03

“ Du VIe au IXe siècle, des petits-fils de Clovis au petit-fils de Charlemagne, on voit l’Irlande donner à l’Occident des savans, des poètes, des théologiens et des philosophes. La barbarie s’est emparée des Gaules, de l’Italie, de l’Espagne : un coin de terre au nord-ouest reste seul intact ; il en sort des missionnaires de la civilisation et du christianisme. Les élèves rendent aux maîtres la science qu’ils ont reçue ; ils la rendent transformée par le génie particulier de leur race. Rome n’avait pas conquis l’Irlande, elle ne lui avait imposé ni ses mœurs ni ses lois. ”
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