Eugène Caustier, La Vie et la santé (1904)
“ Lorsque le sang, chassé par de puissants ressorts, Du cœur de l'homme a jailli comme l'onde, Il va roulant sa pourpre vagabonde Par les mille canaux qui sillonnent le corps ; De toutes parts il anime, il féconde, Donne aux pieds la vigueur et la splendeur aux yeux, Et du cerveau, caché sous une voûte ronde, Fait sortir la pensée en éclairs radieux ; Puis, lorsqu'il sent mourir sa chaleur souveraine Et qu'il rentre aux poumons, noir, sans force et malsain, L'air, le grand air, de sa vivante haleine, Comme le vieil Eson, le rajeunit soudain. ”
