Eugène Caustier

Élements biographiques

Eugène Caustier,  La Vie et la santé (1904)

“ Lorsque le sang, chassé par de puissants ressorts, Du cœur de l'homme a jailli comme l'onde, Il va roulant sa pourpre vagabonde Par les mille canaux qui sillonnent le corps ; De toutes parts il anime, il féconde, Donne aux pieds la vigueur et la splendeur aux yeux, Et du cerveau, caché sous une voûte ronde, Fait sortir la pensée en éclairs radieux ; Puis, lorsqu'il sent mourir sa chaleur souveraine Et qu'il rentre aux poumons, noir, sans force et malsain, L'air, le grand air, de sa vivante haleine, Comme le vieil Eson, le rajeunit soudain. ”
Source : Gallica

Eugène Caustier,  Les entrailles de la terre (3e édition… (1910)

“ Dans les pays de mines de charbon, c'était le noir ; dans les pays de carrières, c'est le poudroiement de poussières grises au-dessus des trous béants. Dans les houillères, la bataille se livre dans les ténèbres ; ici elle se fait au grand jour, au trop grand jour même, car si le mineur,
dans la nuit éternelle, sent parfois le frisson de la mort, le carrier, lui, dans son arène que le soleil transforme en fournaise, sent se calciner ses tissus sur le rocher brûlant, ce pendant qu'une fine poussière vient racler son gosier.
”
Source : Gallica

Eugène Caustier,  Les entrailles de la terre (3e édition… (1904)

“ Le noir labeur de la houille et du fer a fini par donner à cette contrée un aspect farouche, rappelant ces cercles dantesques que la foudre a brûlés et qu'aucune fleur ne décore plus. Les hautes cheminées des usines et des fosses hérissent le sol comme d'une monstrueuse végétation, et les panaches de deuil qui les coiffent laissent retomber sur la terre un linceul de suie qui chaque jour s'épaissit. Sous ce déluge de charbon, l'air s'assombrit, et le soleil lui-même demeure impuissant à chasser les nuages d'encre. ”
Source : Gallica

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