Eugène Marsan

Eugène Marsan

Résumé

Portrait de Eugène Marsan Eugène Marsan Éloge de la paresse (1926)

Oui, fit Ajax... Disons une conquête de l’oisiveté en vue de contenter la paresse. Les trouvailles naissent de l’oisiveté, et la paresse en profite. L’encre et la plume ont diminué l’effort du style ; la cire, l’effort de la pierre et du ciseau ; l’écriture, celui de la mémoire. On me croit paradoxal et je parle comme M. de la Palisse... L’homme a toujours eu l’idée d’un travail-plaisir, d’un travail otieux, à la place du travail-fatigue et du travail-douleur qui était son loyer. Il a toujours eu l’idée d’une oisiveté, chérie comme un trésor inaccessible ou perdu.
Source : Gutenberg

Portrait de Eugène Marsan Eugène Marsan Éloge de la paresse (1926)

Les mots sont des miroirs psychologiques. Celui-ci reflète la véritable figure de la paresse. On l’y voit dans son authenticité, dans sa pureté, dans sa candeur. Paresse, autant dire loisir. Tu te rappelles : loisir, repos, absence d’occupations. Mais loisir, c’est-à-dire contemplation, invention, étude. Ce n’est pas tout. La paresse est aussi la paix : per otium, dans la paix. La paresse est aussi la poésie. Ovide nomme les poèmes otia, c’est-à-dire les fruits de la paresse. Dis-moi : que serait un poète sans la rêverie ?
Source : Gutenberg

Portrait de Eugène Marsan Eugène Marsan Éloge de la paresse (1926)

La terrasse porte un gros arbre autour duquel l’habitude veut qu’on se range à la fin de l’après-midi. On s’éloigne, à mesure que l’ombre s’allonge. Les derniers rayons nous trouvent établis sur la margelle de la rive, autour d’une petite crique pleine d’algues, d’où nous regardons pencher l’astre du jour. Il était, ce soir-là, et tout le ciel avec lui, d’un blanc d’argent que le fleuve, sans une ride, répétait en moins vif.
Fabrice, Charlemagne, Ghirlandaio, Colbert, Ajax, Savonarole, Livingstone, nous étions plus de six.
Source : Gutenberg

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