Frédéric Regamey

Résumé

Frédéric Regamey excursion au Grand Saint-Bernard… (1894)

La neige, en effet, a cessé. Un pâle rayon de soleil se glisse entre les nuages qui roulent encore menaçants. Le froid est toujours vif mais de plus en plus le ciel s'éclaircit et avec lui les mines les plus moroses.
Par le haut escalier du perron s'échappent les voyageurs heureux comme des prisonniers après le lever de l'écrou. Rapidement on fuit le couloir de l'esplanade, balayé par le vent toujours cinglant. Un chemin, qui se présente en face, descend un peu en contre bas, mène en Italie vers le ciel bleu et longe le lac, le lac des Morts...
Source : Gallica

Frédéric Regamey excursion au Grand Saint-Bernard… (1894)

Ce n'est qu'au moment où
l'hiver rend, là-haut, la vie épouvantable et fait la solitude en décourageant la curiosité des touristes les plus entreprenants que le clavendier peut enfin trouver un peu de repos.
Les touristes qui, le souper terminé, n'avaient pas voulu attendre au lendemain pour reconnaître les alentours, prolongent rarement leur promenade. La fatigue de la journée et le froid qui devient vif là haut, sitôt le soleil couché, fait songer au plaisir qu'il y aurait à s'étendre dans un lit. Puis le brouillard s'épaissit et le vent vous chasse vers la maison.
Source : Gallica

Frédéric Regamey excursion au Grand Saint-Bernard… (1894)

Quant aux murs, ils n'ont pas même ce mince plâtras qui égalisait, à peu près, leurs façades. Les éclats de rochers qui les forment sont apparents. Du sol monte à la porte, au premier étage, un escalier de pierres plates posées les unes sur les autres en tas équilibrés. Tout cela noir.
Un cours d'eau que l'on côtoie constamment, torrent d'abord, puis ruisseau mince filtrant d'une mare de neige jamais fondue, vous accompagne jusqu'à la fin de son continuel fracas ; c'est le soir seulement, en arrivant à l'hospice, qu on cesse d'en être assourdi.
Source : Gallica

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