G. Sand, et. al.

Résumé

G. Sand, et. al. Revue des Deux Mondes

Adieu, ma chère maman, je vous embrasse tendrement et vous désire une bonne santé et du plaisir surtout ; car chez vous comme chez moi l’un ne va guères sans l’autre. Maurice est grand comme père et mère et beau comme un amour. Casimir vous embrasse de tout son cœur. Pour moi, je me porte très bien, sauf un reste de toux et de crachement de sang qui passeront, j’espère, avec les eaux.
Nous passerons deux mois au plus aux eaux, de là nous irons à Nérac chez le papa, où nous passerons l’hyver. Au mois de mars ou d’avril, nous serons à Nohant, où nous vous attendrons avec ma tante et Clotilde.
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G. Sand, et. al. Revue des Deux Mondes

Mais je me reproche de vanter mon bonheur, quand je pense à cette pauvre Clotilde, dont le sort à cet égard est si différent. L’aisance et les plaisirs ne sont rien au cœur d’une mère en comparaison de ses enfans. Si je perdais Maurice, rien sur la terre ne m’offrirait de consolation dans la retraite où je vis. Il m’est si nécessaire que, sans lui, je ne passe pas une heure sans m’ennuyer. Ne me laissez pas plus longtems avec le chagrin de vous savoir mécontente. Écrivez-moi, ma chère maman, j’ai le cœur bien triste, et un mot de vous en ôterait un grand poids.
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G. Sand, et. al. Revue des Deux Mondes

Vous vous applaudissez d’avoir trouvé une amie en moi. C’est bon et rare les amis ! Si vous ne changez point, si vous restez toujours ce que je vous ai vu ici, c’est-à-dire honnête, doux, sincère, aimant votre excellente mère comme elle le mérite, respectant la vieillesse et ne vous fesant pas un amusement de la railler, comme il est aujourd’hui de mode de le faire, si vous demeurez enfin toujours étranger aux erreurs que vous m’avez vu détester et combattre chez mes plus proches amis, vous pouvez compter que j’aurai pour vous cette amitié toute maternelle que je vous ai promise.
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