Résumé

G. d’Alaux Revue des Deux Mondes

Ce n’est pas tout encore : le jour même de son départ de Beyrout, Fuad-Pacha escamotait, c’est le mot, Yussef Caram, qui, en agitant le Kesraouan, en plaçant Davoud-Pacha dans la triple alternative d’y jeter des troupes ottomanes, ou d’y encourager par son abstention l’anarchie, ou de chercher à y dominer par les divisions, faisait, — et assurément sans le vouloir, — les affaires de l’idée turque.
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Youssef Caram, qu’on a surfait, mais que nous ne voudrions pas être accusé de déprécier, car s’il n’est pas le plus intelligent des patriotes libanais, il en est certainement le plus dévoué et le plus sincère, — Youssef Caram n’a jamais eu, il faut le dire, que deux idées dans son bagage politique : une haine inébranlable, à la fois instinctive et raisonnée, de l’occupation turque, et une haine beaucoup moins raisonnée des cheiks et émirs, dont, par une contradiction qui n’appartient pas exclusivement aux ultra-démocrates de Syrie, il revendique pour lui-même les privilèges et préséances.
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En un mot, la première et en apparence la plus : insignifiante application du règlement, — la simple installation des divers services au chef-lieu, — allait faire jaillir des catastrophes effroyables, et soit qu’il agît, soit qu’il s’abstînt, Davoud-Pacha allait avoir pour rôle forcé de mettre lui-même le feu aux poudres. La machine était si savamment combinée qu’elle défiait au besoin les hésitations et le mauvais vouloir du machiniste. Responsabilité pour responsabilité, le nouveau gouverneur eut l’intelligent courage d’assumer celle qui ne compromettait que lui seul.
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