Gabrielle d' Arvor

Résumé

Gabrielle d' Arvor Berthe, ou la Fille du banquier… (1873)

N'est-ce pas Berthe? mais non, c'était jeudi hier,
— Alors vous n'allez à la messe que le dimanche? demanda Laure.
— N'est-ce pas assez? J'ai tant de choses à faire. D'ailleurs j'ai pour principe...
— Ah! vous avez des principes ! interrompit Laure.
— Mais certainement ! j'ai pour principe, dis-je, que le grand art dans la vie est de savoir jouir des choses chacune en leur temps. Ainsi la jeunesse est l'âge de la gaieté, des plaisirs, j'en profite et je laisse à plus tard les choses ennuyeuses, les soucis et les préoccupations.
Source : Gallica

Gabrielle d' Arvor Berthe, ou la Fille du banquier… (1873)

Ah ! que toutes les choses qui séduisent le monde ne sont plus que misère quand elles entourent le lit d'un mourant !
Laure ne s'arrêta pas à ces réflexions ;
d'un coup d'oeil elle avait embrassé le lugubre tableau ; elle s'approcha du lit où était couchée son amie ; madame Verdier, pâle et morne, était assise près de sa fille et suivait les progrès du mal avec le regard d'un naufragé qui voit fuir ses dernières espérances.
Laure sentait son coeur battre violemment ; les larmes lui montèrent aux yeux, mais elle les refoula énergiquement pour ne pas ajouter aux angoisses de la pauvre mère.
Source : Gallica

Gabrielle d' Arvor Berthe, ou la Fille du banquier… (1873)

Quel abîme de regrets et de remords peut-être ils creusent sous les pas de ces innocentes victimes qui, un jour, se réveillent de ce sommeil doré et regardent avec désespoir les désenchantements de leur jeunesse et les ruines de leur coeur en disant : nous nous sommes trompés!... Le bonheur n'est pas là où on nous l'avait montré ?.. et maintenant il est trop tard!... La religion leur apparaît austère et sombre, parce que, dès l'enfance, on ne leur a pas appris à l'aimer ; on ne leur a pas dit que là seul est le remède pour l'âme qui souffre et le charme qui embellit la vie.
Source : Gallica

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