Résumé

George Picot Le Droit électoral de l’ancienne France

Notre histoire ressemble à un grand drame où se meuvent seuls quatre puissans personnages, animant la scène de leurs luttes, l’échauffant de leurs passions et demeurant presque constamment fidèles à eux-mêmes. De la féodalité jusqu’à la révolution, l’unité des caractères est absolue. Royauté, clergé, noblesse et tiers-état eurent un rôle politique entièrement différent, mais qui, pour aucun d’eux, ne varia sensiblement d’un siècle à l’autre.
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George Picot Le Droit électoral de l’ancienne France

Ce qui fait des états-généraux, si rarement convoqués, une des clés de l’histoire de France, c’est que les manifestations de ces quatre forces, plus ou moins visibles durant l’intervalle des sessions, apparaissent subitement au grand jour. Tout d’un coup elles se personnifient, s’avancent pour ainsi dire sur le devant de la scène et occupent le premier plan : il ne s’agit plus d’interpréter leur silence, de deviner leur pensée. Il suffit de les écouter, le personnage est vivant : il parle, réclame, se plaint et veut. Il n’est besoin que d’écrire.
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George Picot Le Droit électoral de l’ancienne France

Dans ce travail des bailliages et des provinces, qui toutes à la fois sont admises à émettre leurs plaintes, on voit la pensée des habitans naître et se multiplier, se répéter et grandir en nombre et en force jusqu’au moment où le cahier, compilé dans des réunions de plus en plus nombreuses, devient l’expression vivante des aspirations d’un grand bailliage. Ainsi descendait, du roi aux derniers habitans, la volonté souveraine, et remontaient ensuite, de l’assemblée tenue sur la place du village à l’assemblée des états, les doléances nationales.
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