Résumé

E. Aubry-Vitet Les États-généraux avant 1789

Si la noblesse, dépouillée de son indépendance, s’efforce, en réclamant pour les états la périodicité, le vote de l’impôt et le droit de paix ou de guerre, de rendre au pouvoir royal les atteintes qu’elle-même en a reçues, l’esprit de caste tempère et contre-balance cette animosité contre la royauté ; malgré tout, les descendans des seigneurs sont portés à chercher dans un roi gentilhomme le défenseur de leurs privilèges contre les conquêtes de la roture. La noblesse féodale devient noblesse de cour, et la transformation s’accuse de jour en jour davantage.
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E. Aubry-Vitet Les États-généraux avant 1789

En les voyant, tout pleins des grandes réformes qu’ils ont rêvées, se réunir dix fois en trois années, et, satisfaits d’abord d’exercer leur contrôle sur l’administration du royaume, s’irriter ensuite à bon droit des promesses oubliées, des espérances déçues, entrer en lutte avec la royauté, substituer peu à peu à l’autorité royale leur propre autorité, puis ne savoir user du pouvoir absolu que pour tomber dans les mêmes fautes, dans les mêmes désordres, dans les mêmes abus, on peut craindre un instant qu’ils ne s’abandonnent sans retour aux ambitieux qui les égarent.
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E. Aubry-Vitet Les États-généraux avant 1789

Quant à la liberté politique, quant au contrôle du gouvernement, il en a l’instinct, il y aspire, il ne néglige jamais de le réclamer ; mais pour lui ce n’est pas un principe, c’est une garantie. Aussi, quand le souverain est sage, éclairé, ménager de l’épargne de ses sujets, quand il accorde enfin aux vœux de la nation les réformes urgentes, le tiers ne demande rien de plus. Un Charles V, un Louis XII, un Henri IV gouverne sans états-généraux : nul dans le tiers-état ne songe à les lui imposer.
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