Résumé

Portrait de Georges Darien Georges Darien Biribi, discipline militaire

L’armée, c’est le réceptacle de toutes les mauvaises passions, la sentine de tous les vices. Tout le monde vole, là-dedans, depuis le caporal d’ordinaire, depuis l’homme de corvée qui tient une anse du panier, jusqu’à l’intendant général, jusqu’au ministre. Ce qui se nomme gratte et rabiau en bas s’appelle en haut boni et pot-de-vin. Tout le monde s’y déteste, tout le monde s’y envie, tout le monde s’y torture, tout le monde s’y espionne, tout le monde s’y dénonce. Cela, au nom de soi-disant principes de discipline dégradante, de hiérarchie inutile.
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Portrait de Georges Darien Georges Darien Biribi, discipline militaire

Le sac au dos, la bretelle du fusil passée autour du cou, les mains liées avec des cordes, un homme est attaché à la queue d’un mulet. Il n’a plus la force de lever les jambes, et ses pieds, qu’il traîne lamentablement, dans ses efforts pour suivre l’allure trop rapide de l’animal, soulèvent des nuages de poussière. Un sergent, une baguette à la main, cingle la croupe du mulet qui, impassible, ignorant la honteuse besogne qu’on lui fait faire, continue son chemin du même pas régulier. Tout d’un coup, l’homme bute contre un caillou.
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Portrait de Georges Darien Georges Darien Biribi, discipline militaire

En route, nom de Dieu ! s’écrie Queslier. Et pas de halte jusqu’à El-Ksob ? Nous verrons ce qu’il y a à faire, avec les autres ; il faudra qu’ils le payent, leur assassinat ! Au revoir, l’Amiral !
Nous avons repris nos sacs et nous nous sommes mis en marche. Elle ne nous a pas semblé longue, la seconde moitié de l’étape. Excités par l’indignation, la rage au cœur, nous avons marché à grands pas, silencieux, mornes, distendant seulement les mâchoires dans un rire féroce chaque fois qu’Hominard, ce farceur que la blague ne quitte pas, même dans la colère, engueulait son cabot.
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