Résumé

Luc Dangy Moi, légionnaire et marsouin : Algérie… (1932)

Eh les gars, crie Morin, tout le monde sur le pont, v'là la terre.
Nous touchons Port-Saïd, cinq jours que nous sommes partis, ce n'est vraiment pas dommage. La côte approche graduellement et nous distinguons un paysage aride et dénudé comme une steppe. Quelques bâtisses à gauche d'une baie, plus loin une agglomération, c'est Port-Saïd à l'entrée du canal de Suez. A droite dans le lointain, la côte d'Egypte, de laquelle on ne distingue rien. L'eau devient glauque, d'un vert foncé, des débris amorphes flottent à la surface. Lentement le navire glisse dans le port et actionne sa sirène.
Source : Gallica

Luc Dangy Moi, légionnaire et marsouin : Algérie… (1932)

Je reporte mon intérêt sur ce qui se passe à bord et constate non sans mélancolie que les distractions sont maigres. Je m'étends sur le pont à côté de Morin, un caporal, qui s'est résigné déjà à n'être plus qu'un lazarpne.
— Regarde-moi ces cocos-là, quelle touche ils ont, me dit-il en désignant un groupe de Romanis, passagers de quatrième qui, comme des momies, ne bougent pas d'une ligne.
Assis en rond, à la turque, leurs visages au teint
cuivré fixes, encadrés de longues tresses brunes, ils suivent leur rêve sans un mot, sans un geste.
Source : Gallica

Luc Dangy Moi, légionnaire et marsouin : Algérie… (1932)

Les canaques, quand ils ne sont pas assez riches pour avoir une femme, vivent en commun et ceux de la même case sont frères, non pas consanguins, mais baratas d'amitié. Quand l'un ceux-là a tué assez de cochons ou d'hommes, il prend un feu à lui, car la supériorité s'affirme en tant que chasseur ou guerrier. C'est par le nombre de dents de cochons exposées à l'extérieur sous un auvent de feuillage, que le canaque monte en grade dans l'esprit de ses congénères? C'est
aussi par le nombre de cochons vivants qu'il possède-qu'est appréciée sa richesse.
Source : Gallica

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