Gustave Ambo

Résumé

Gustave Ambo Un voyage de noces (1884)

Non, pas encore, répondit Marescou avec son accent marseillais, et toi ?
– Je suis toujours garçon, mais, à te parler franchement, amoureux comme un fou.
– Té, c'est comme moi, mais je suis payé de retour ! fit-il d'un ton convaincu et fat, où se révélait tout le méridional.
– J'en voudrais bien pouvoir dire autant ! soupira Cadillan.
– C'est qu'aussi j'ai un coquin de physique, qui m'a fait surnommer le bourreau des coeurs ! s'exclama Marescou, la tête haute, le mollet tendu, campé de trois quarts, dans l'attitude crâne et pleine d'assurance de l'homme à bonnes fortunes.
Source : Gallica

Gustave Ambo Un voyage de noces (1884)

Écoute bien, reprit Marescou, avec une réelle émotion dans la voix, nous aimons la même femme, c'est vrai, mais malgré la jalousie féroce que tu m'inspires, je t'avoue qu'il me serait pénible de percer la poitrine à un vieil ami comme toi !
– Et moi, crois-tu donc que la pointe de mon épée pénétrerait dans tes chairs sans me déchirer le coeur du même coup ?
– Eh bien alors ! cherchons un duel moins, sauvage ! Que le hasard seul décide de la mort de l'un ou l'autre de nous, mais que celui qui
survivra n'aie pas à traîner, toute sa vie, les remords dont sont torturés les meurtriers.
Source : Gallica

Gustave Ambo Un voyage de noces (1884)

Encore vous autres ! cria Mélinot d'une voix furieuse, en se levaut.
– Eux ! murmura la jeune femme en accourant à son mari, prête à le retenir et à lui tout révéler, s'il faisait mine de provoquer les deux jeunes gens.
– Vous avez laissé sur le tapis dix francs qui ont fait des petits ; nous vous les rapportons, dit simplement Marescou en vidant le chapeau sur la table.
– Mais, Messieurs, pensez-vous donc que j'en sois réduit à demander l'aumône ? Croyez bien que la distraction est tout ce que je cherche dans le jeu et que perte ou gain me sont indifférents ! répliqua Mélinot.
Source : Gallica

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