Henri Deherain

Résumé

Henri Deherain Revue des Deux Mondes

« Le calife Abdullah est désigné par le Prophète pour être mon successeur. Vous m’avez suivi, vous avez accompli mes ordres. Agissez de même avec lui. Que Dieu ait pitié de moi ! »
L’histoire de l’Europe abonde en exemples de souverains qui paraissent n’avoir exprimé leurs volontés suprêmes que pour donner à leur entourage le malin plaisir de ne pas les exécuter. On n’est pas, sur ce point, plus scrupuleux au Soudan qu’en Europe ; mais le calife était trop intéressé à ce qu’on respectât le dernier vœu du Mahdi pour n’y pas veiller.
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Laissons de côté ces rivalités : quels qu’ils soient, les Européens qui occuperont la province équatoriale y rapporteront la civilisation. L’œuvre de Baker, de Gordon et d’Emin n’aura été qu’interrompue. Ils n’auront pas peiné en vain; leurs efforts pour abolir la traite des esclaves n’auront pas été stériles. Quel que soit le drapeau qui flotte sur Ouadelaï, la longue caravane de misérables s’a cheminant lentement vers la côte, en jalonnant la route de cadavres, ne sera plus qu’un souvenir.
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Le gouvernement de la province resta vacant une année entière jusqu’au moment où un Anglais, Lupton Bey, naguère le second d’Emin à Lado, en prit possession.
Ce bref récit de l’histoire du Bahr-el-Ghasal suffit à prouver combien l’occupation égyptienne y fut superficielle. Le gouvernement ne connut jamais les limites de sa domination, ni à l’ouest, ni au sud. On peut approximativement tracer les frontières de la province équatoriale, mais non celles du Bahr-el-Ghasal. Tant que Ziber, et même Soliman gouvernèrent le pays, l’autorité du khédive d’Egypte y fut toute nominale.
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