Henri Saint-René Taillandier

Résumé

Henri Saint-René Taillandier Revue des Deux Mondes T.100, 1872

La forme du gouvernement peut être changée, l’administration départementale peut être remaniée sans que l’équilibre du pays soit sérieusement déplacé ; le centre de gravité réside plus bas. La révolution la plus importante serait celle qui viendrait donner un nouveau caractère à la commune. « La commune, dit Royer-Collard, est, comme la famille, avant l’état ; la loi politique la trouve et ne la crée pas. » L’état, le département, sont tous deux, quoiqu’à un degré différent, des personnes morales vagues et abstraites. La commune, qui leur sert de base, a une personnalité.
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Henri Saint-René Taillandier Revue des Deux Mondes T.100, 1872

Ce n’est donc pas sous l’empire d’une terreur imaginaire que l’on aperçoit dans la création des conseils cantonaux le danger le plus grave que puisse courir la personnalité communale, c’est-à-dire le fondement même et le principe nécessaire de toute vie publique. Si l’on admet cet axiome indiscutable que la commune et l’état sont les deux termes essentiels de toute société organisée, il faut se préoccuper de leur conserver leur rôle respectif.
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Henri Saint-René Taillandier Revue des Deux Mondes T.100, 1872

En reconnaissant les droits de l’homme et du citoyen, l’assemblée nationale a couronné le travail séculaire qui, élevant sans cesse la commune, finit par l’associer aux destinées de l’état. En installant leurs institutions au faîte du pouvoir central, les communes ont abdiqué au profit de la nation.
L’organisation communale est aujourd’hui ce que l’ont faite les longs efforts de la royauté et les conceptions énergiques de la révolution. Les législateurs de 1789 et de l’an VIII se sont montrés, en ce qui concernait la puissance de l’état, les vigoureux continuateurs de l’œuvre de la monarchie.
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