Henry James

Résumé

Henry James Cousin et cousine

N’est-il pas étrange, continua-t-il après une longue pause, qu’un homme dans ma position souhaite quelque chose ? Quelle farce que notre existence ! J’ai assisté au repas d’un assassin que l’on allait pendre et qui a déjeuné avec plus d’appétit que je n’en ai jamais eu. Ma vie ne tient plus qu’à un fil, un fil de la Vierge qu’un souffle brisera, et pourtant je désire. Je voudrais la voir. Aidez-moi, et je mourrai en paix.
Une demi-heure après, j’envoyai à tout hasard cette dépêche à miss Serle : « Votre cousin est mourant. Il demande à vous voir. »
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Henry James Cousin et cousine

Je jugeai l’heure propice pour interroger mon compagnon, dont le vin de Bourgogne avait délié la langue. — Qu’êtes-vous et qui êtes-vous ? lui demandai-je assez brusquement.
Une subite rougeur colora de nouveau son pâle visage et je craignis d’abord de l’avoir offensé. Il demeura quelques minutes sans répondre, creusant la terre molle avec le bout de sa canne.
— Qui je suis ? répéta-t-il enfin. Je m’appelle Clément Serle. Ce que je suis ? C’est facile à deviner. Rien, — rien du tout, je vous assure.
— Je proteste. Tous êtes un très bon garçon, cela se voit.
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Henry James Cousin et cousine

Il se tut un instant, l’œil animé, puis continua avec plus de véhémence encore :
— Pour les évoquer tous devant moi, comme le diable seul pourrait le faire, je conclurais un pacte avec le diable !
— Oh ! mon cousin ! s’écria miss Serle avec un geste d’effroi.
— Voyez cette croisée, continua mon ami sans paraître entendre l’exclamation. — Et il désigna une petite fenêtre en saillie qui s’ouvrait au-dessus de nous dans un cadre de lierre et de pierres sculptées.
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