Claude Mucih

Résumé

Claude Mucih Par monts et par vaux (1857)

Un grain qui menaçait depuis longtemps de nous cingler, s'échappa comme d'une gerbe d'arrosoir. La mer changea d'aspect, et les conques de nacre qui se dessinaient ça et là disparurent bientôt sous des laves d'azur; à travers les filets de pluie le cap d'Antifer passa des couleurs de la flamme aux teintes rouges du fourneau sous la grille de son âtre. Un rayon de soleil brisa ces lignes, et lorsque le grain eût rafraichi l'herbe de ses dernières gouttes, je crus que par un excès de sympathie, mon compagnon venait de pleurer en même temps que le ciel.
Source : Gallica

Claude Mucih Par monts et par vaux (1857)

Mais que dis-je ? notre fatale prédiction s'accomplit !. voyez cette cité détruite, ces murailles écroulées, ces débris calcinés ? penchez-vous sur la grève où se replie la vague : ce sont des restes de donjon qui défièrent les âges passés, des traces de logis, des fondations rasées de forts qui commandèrent ici en maîtres ; le fléau les a dépeuplés, le fer les a fouillés, le temps les a broyés ; et puis sous l'herbe du printemps, sous les fleurs de l'été, sous la mousse d'automne, sous les frimas du sombre hiver, leurs dépouilles s'effacent.
Source : Gallica

Claude Mucih Par monts et par vaux (1857)

Heureusement le tapis de gazon qui couvre la falaise nous épargnait la boue et par conséquent le soin de regarder à nos pieds, dans ce chemin sans ornière où l'on retrouve de temps à autre le sentier frayé par les gardes-côtes ; où l'on chemine sans bruit,
où la pensée peut librement voler, de l'abîme des mers aux vapeurs scintillantes, vers les clochers qui percent le feuillage du côté opposé.
Source : Gallica

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