Résumé

Portrait de J.-J. Ampère J.-J. Ampère L’Église et les Premiers Empereurs chrétiens…

Le premier rapport de l’église et de l’empire fut celui-ci : l’empire s’efforça d’étouffer l’église ; l’église se mit à vivre et à croître malgré l’empire. Il n’y a rien de plus héroïque dans l’histoire que cette lutte sans combat, cette protestation sans violence, ces milliers d’êtres humains qui meurent avec joie dans les supplices parce qu’ils veulent adorer leur Dieu et ne veulent pas adorer leur empereur. L’indépendance de la pensée, la dignité de l’âme humaine, n’ont jamais été représentées plus admirablement que les martyrs.
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Il n’y a rien de plus lâche parmi toutes les lâchetés de l’empire romain que la persécution des chrétiens. Jamais on ne méprisera assez ce pouvoir sans fanatisme de croyance, et par là au-dessous même de l’inquisition, torturant des vieillards, des femmes, des enfans, parce qu’ils ne veulent pas brûler un grain d’encens devant des divinités ridicules ou des empereurs infâmes, et cette multitude, encore pire que les souverains qu’elle avait faits, s’amusant de ces tortures infligées à tout ce qui valait mieux qu’elle.
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Évidemment le monde ne pouvait en rester là ; le stoïcisme, que M. de Broglie juge avec un peu de sévérité, était une philosophie sublime, mais incomplète, et ne pouvait, comme il le dit avec raison, devenir la religion du grand nombre. C’est en présence de ces doctrines confuses, insuffisantes, incertaines, que le christianisme vint proclamer la sienne ; c’est dans cette société avilie, décomposée, envahie, périssant par son principe, qu’une société nouvelle, l’église, se forma pendant trois siècles d’oppression et de persécution.
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