Résumé

L. Drapeyron Les Origines et la Formation de l’empire byzantin à propos des récens travaux de M. Amédée Thierry

Nos humanistes ne soupçonnent rien au-delà des siècles de Périclès, d’Auguste et de Louis XIV. Naguère nos érudits eux-mêmes avaient pour certaines époques un profond dédain. C’est le bas-empire qui de tout temps a eu le privilège d’éveiller la haine et le mépris dans les cœurs les plus généreux. Il est de bon ton encore aujourd’hui de l’injurier et de ne l’étudier point. Ces répugnances, on le reconnaîtra un jour, sont en grande partie injustes. Pour les atténuer, constatons les services rendus à notre civilisation par le bas-empire.
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L. Drapeyron Les Origines et la Formation de l’empire byzantin à propos des récens travaux de M. Amédée Thierry

Quatre siècles avant que l’Occident, plongé dans le chaos de ces invasions, pût oublier les querelles de race qui le déchiraient, l’Orient, le bas-empire avait organisé une croisade perpétuelle où le feu grégeois et la diplomatie, habilement combinés, accomplissaient des merveilles. Jusqu’à Mahomet (632) , Constantinople fut la capitale de la plus vaste domination de l’univers. Jusqu’à Charlemagne (800) , elle fut le centre de la civilisation. Jusqu’au schisme d’Orient (1057) , elle disputa la suprématie religieuse à Rome.
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L. Drapeyron Les Origines et la Formation de l’empire byzantin à propos des récens travaux de M. Amédée Thierry

Admirer la diplomatie de Byzance et mépriser sa théologie, la grande école et l’instrument puissant de cette diplomatie, c’est le comble de l’inconséquence. D’ailleurs les questions sociales se sont mêlées à la théologie, comme de nos jours elles se mêlent à l’économie politique. Lorsque l’on compare la démagogie byzantine, enragée de théologie, avec notre démagogie française, déchaînée par des passions vulgaires, force est de reconnaître que l’avantage reste plutôt à la première.
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