Résumé

J. Sandeau Revue des Deux Mondes

Je ne suis pas un savant, Christophe, et plus d’une fois j’ai subi les atteintes du mal qui vous ronge et qui vous consume. J’ai mûrement réfléchi là-dessus. Ce qui nous tue, mes frères, c’est l’absence d’un devoir sérieux qui nous rattache à l’existence, c’est l’égoïsme, c’est l’isolement, c’est qu’en un mot nous ne sommes pas une famille. La famille est comme un arbre éternel et sacré dont le tronc nourrit les rameaux, dont les rameaux communiquent à leur tour la vie à des pousses nouvelles, destinées elles-mêmes à rendre plus tard la sève qu’elles auront reçue.
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J. Sandeau Revue des Deux Mondes

Quelle folie ! c’est bien de causer qu’il s’agit ! — Christophe est en colère, je le devine à ses gestes ; il jure comme un damné ; je ne l’entends pas, mais je le parierais. — Bon ! il s’élance sur le pont de la frégate, — il prend l’officier à bras le corps, — l’enlève comme une plume et le jette dans la chaloupe, — à son tour il y descend. Que Dieu protége leur retour !
Le retour fut rapide. Le vent et la mer poussaient l’embarcation vers la côte. Lancée par la vague comme une flèche par un arc de fer, elle vint, en moins de quelques minutes, labourer le sable de la plage.
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J. Sandeau Revue des Deux Mondes

Si je suis tué, Jean, tu me remplaceras. Si Jean succombe, une fois dans ta vie, auras-tu du cœur, toi ? demanda-t-il énergiquement à Joseph.
— Si tu n’as pas le courage de te battre, ajouta Jean, jure devant Dieu que tu le prendras en traître, comme il nous a pris, et que tu l’assassineras.
— Tue-le comme un chien, dit Christophe.
— C’est un Anglais, s’écria Jean ; les hommes te béniront, et Dieu te pardonnera.
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