Résumé

René Biémont Le petit-fils d'Obermann (2e édition suivie de L'histoire d'un pinson… (1880)

Hélas ! une douleur sans trêve Est celle de l'esprit qui rêve La gloire qu'il ne peut saisir ; Et cette perle qui vous charme, D'un poète c'est une larme ; Car chanter, pour lui, c'est souffrir.
Lorsque j'eus terminé ce chant plaintif, je vis que Jean pleurait, et ce fut d'une voix émue qu'il s'écria : — Quelle délicieuse surprise! J'eus la folie de croire un moment que Félicia m'aimait. — Elle vous aima, n'en doutez pas. Toute actrice fanatique de son art aime sincèrement l'auteur de son triomphe, et Félicia en obtint un grand ce soir-là.
Source : Gallica

René Biémont Le petit-fils d'Obermann (2e édition suivie de L'histoire d'un pinson… (1880)

Il est bien vrai, plus que son amitié m'aurait embarrassé. Un pas de sa part en avant m'en eût fait faire deux en arrière. Mon cœur, assez grand pour de la tendresse, ne l'était plus assez pour contenir de la passion. Vous voyez que j'étais loin de songer à de l'amour. J'avais l'audace de vouloir être son frère, non pas celle d'être son amant.
Je retournai chez Félicia ; je ne pouvais faire autrement. Vous êtes sage et indifférent tant que vous n'avez pas parlé à une femme. La première parole entraine toutes les autres.
Source : Gallica

René Biémont Le petit-fils d'Obermann (2e édition suivie de L'histoire d'un pinson… (1880)

Ainsi pensait de Latouche, le critique, en gravissant le Saint-Bernard.
Son compagnon, plus jeune, plus neuf de cœur, sous le coup des premières irradiations d'une célébrité enivrante et d'un amour à son aurore, voyait la vie et les hommes sous de plus riantes couleurs, en côtoyant le lit rapide de la Dranse.
Il n'avait point à regretter des illusions perdues, le jeune et heureux Constant d'Heurs, n'ayant pas encore vu de près ces chemins, dans le lointain si verdoyants,
si nus et si durs sous les pieds qui les foulent.
Source : Gallica

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