Jacques de Coussange

Résumé

Jacques de Coussange Revue des Deux Mondes

La poésie de Verner de Heidenstam, c’est un rayon dansant qui se pose sur la surface d’un lac, c’est le son clair d’un grelot d’argent dans l’atmosphère glacée d’un jour d’hiver, c’est le froissement de deux épées qui se choquent. Nature ardente, concentrée, plus capable des transports qui éclatent que de l’enthousiasme qui se prodigue, il ne se répand jamais en beaucoup de paroles. Il n’est point un mélancolique. Rien de ce qui est alangui ne lui convient. il regarde la souffrance en face ; il veut qu’on l’accepte en la dominant, comme un maître et non comme un esclave.
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Jacques de Coussange Revue des Deux Mondes

Si Charles XII dans les Carolins demeure un être complexe, la Suède est une héroïne toute pure. Peut-être son jeune roi lui a-t-il plu d’abord à cause des aventures qu’il lui promettait ; mais ensuite elle s’est attachée à lui plus profondément parce qu’il parlait de droit et de justice. L’idée qu’elle remplissait la tâche assignée par Dieu a été sa force. Tandis que l’armée poursuit en Pologne sa marche triomphante, dans les camps on n’entend ni cris, ni chansons à boire ; seuls les sons du hautbois et des trompettes s’élèvent dans la nuit.
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C’est là qu’est né Verner de Heidenstam le 6 juillet 1859 et qu’il y a grandi. Sa famille appartenait à la bonne noblesse ; elle a donné à la Suède des militaires, des médecins et des diplomates. Fils unique, de caractère sauvage, il passa son enfance au milieu d’impressions d’une nature peuplée de fantômes du passé, à laquelle il se livrait tout entier. Une grand’mère qui goûtait la poésie lui faisait lire les lyriques suédois. Il semble qu’aucune influence chrétienne ne se soit fait sentir dans son éducation.
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