Jean-Paul Marat,
Éloge de Montesquieu
“ Parle-t-il de leurs sentimens ? Quelle naïveté, quel aimable abandon dans son style ! Non, jamais on ne rendit mieux la beauté et le langage de la nature. Tout dans cet ouvrage charmant porte l’empreinte du génie de son auteur. Quelquefois on y trouve le sel de la satyre : le tableau des débordemens de Sybaris est la peinture trop fidèle de nos mœurs. La philosophie s’y glisse à chaque ligne dans les pensées, et toujours sous ces charmantes fictions on découvre l’âme d’un sage. Ce n’est là, Messieurs, qu’une esquisse grossière du Temple de Gnide. ”
