Jean Rosmer

Résumé

Jean Rosmer Mam'selle Folle-avoine... (1941)

Comme il atteignait la porte-fenêtre du vestibule, le bûcheron Orsino sortait un marteau à la main.
A sa vue, le chien recula, se ramassa sur lui-même, prit son élan, prêt à bondir. Ses prunelles lançaient des flammes; dans un retroussis des babines il montrait une double rangée de crocs acérés.
Le Sarde s'arrêta, terrorisé.
Aurore s'avança. D'un ton sévère, elle ordonna :
« Voyons, Maryel, apaise cet animal ! »
L'enfant obéit. Elle murmura :
« Tout beau, mon toutou! Allons, soyez sage, vilaine bête... Obéissez ! »
L'œil injecté, la gueule ouverte, le sloughi refréna son élan.
Source : Gallica

Jean Rosmer Mam'selle Folle-avoine... (1941)

Réveillés par le bruit, Mlle Clorinde, Aurore, Jean-Marc, Pierrette, les petits, livides d'effroi, apparaissaient tour à tour. Le docteur Franc les suivit de près.
Effrayés, ne comprenant rien à ce tumulte, les hôtes du manoir s'interrogeaient des yeux. Leur ahurissement fut à son comble quand ils découvrirent au milieu de l'escalier le valeureux Olivier, rouge comme une tomate, et brandissant d'une main justicière le tisonnier rouillé.
Cependant, Aurore avait retrouvé sa présence d'esprit. Descendue dans le vestibule, elle tirait la cloche d'alarme. De toutes parts des gens surgirent.
Source : Gallica

Jean Rosmer Mam'selle Folle-avoine... (1941)

Un peu à l'écart, près d'un massif d'althéas, Folle-Avoine et Olivier chuchotaient. Assis sur le gazon, aux pieds de sa maîtresse, Sidi, à peu près rétabli, montait la garde.
« Vois-tu, mon ami, énonçait la fillette, j'ai beaucoup de chagrin. Tantine me boude. Aurore également ; elles ne m'aiment plus. Je le mérite, je le sais... Je suis tellement désordonnée, étourdie, gâcheuse... mes défauts les indisposent contre moi. Depuis l'histoire de la timbale, on me tient rigueur. Bon-papa lui-même... Et pourtant, je ne suis pas coupable. »
Source : Gallica

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