Résumé

Portrait de John Cleland John Cleland Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir (1749)

La curiosité anima cependant à la fin mes regards ; je me mis à contempler par un trou de la cloison le beau garçon qui s’ébattait dans l’onde. La blancheur de sa peau frappa d’abord mes yeux, et parcourant insensiblement tout son corps, je parvins à discerner une certaine place couverte d’une mousse noire et luisante au milieu de laquelle je voyais un objet rond et souple, qui m’était inconnu et se jouait en tous sens au moindre mouvement de l’eau ; mais malgré ma modestie je ne pus détourner mes regards.
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Portrait de John Cleland John Cleland Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir (1749)

Mme Cole approuva l’idée, à condition qu’on m’en dispensât à cause de ma prétendue virginité et aussi qu’on l’excusât elle-même à cause de son âge. La chose ainsi réglée, on pria Emily de commencer. C’était une fille blonde à l’excès et dont les membres étaient, si c’est possible, trop bien faits, car leur plénitude charnue préjudiciait plutôt à cette délicatesse de forme requise par les meilleurs juges de la beauté ; ses yeux étaient bleus, d’une inexprimable douceur, et il n’y avait rien de plus joli que sa bouche et ses lèvres qui se fermaient sur des dents parfaitement blanches et égales.
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Portrait de John Cleland John Cleland Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir

La vue d'une scène si touchante porta le coup de mort à mon innocence.
Pendant la chaleur de l'action, glissant ma main sous ma chemise, j'enflammai le point central de ma sensibilité et je tombai tout à coup dans cette délicieuse extase où la nature, accablée de plaisir, semble se confondre et s'anéantir.
Quand j'eus assez repris mes sens pour être attentive au reste de la fête, j'aperçus la vieille dame embrassant comme une forcenée son grenadier qui paraissait en cet instant plus rebuté que touché de ses caresses.
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