Jonathan Swift

Jonathan Swift

Résumé

Portrait de Jonathan Swift Jonathan Swift Opuscules humoristiques

Je n’entrerai pas non plus en discussion si quelqu’un entreprend de me montrer un poète de profession, en chair et en os, qui soit le moins du monde ce qui peut s’appeler justement lettré, ou qui soit plus mauvais poète pour cela, s’il n’en est meilleur, pour être si peu encombré d’érudition pédantesque. Il est vrai que le contraire était l’opinion de nos aïeux, que nous autres de ce siècle avons assez de foi pour accepter sans examen, telle qu’ils nous la donnent, mais sans avoir assez de sens pour reconnaître la grossièreté de leur erreur.
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Portrait de Jonathan Swift Jonathan Swift Opuscules humoristiques

Le vers sans la rime est un corps sans âme (car « la vie principale consiste dans la rime, ») ou une cloche sans battant ; ce qui, strictement, n’est pas une cloche, n’étant d’aucun usage ni agrément. Et le même à jamais honoré chevalier, doué d’une oreille si musicale, avait cette vénération pour la sonorité et le carillon du vers, qu’il parle d’un poète comme d’un homme qui a « le titre révéré de rimeur. » Notre célèbre Milton a fait à ces nations-ci un grand tort en particulier, ayant gâté autant de révérés rimeurs, par son exemple, qu’il a fait de véritables poètes.
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Mais l’esprit de parti est implacable. Après un combat, on voit des ennemis s’accorder des trêves et même faire la paix : l’esprit de parti ne connaît ni paix ni trêve.
Il est vrai que les partis eux-mêmes meurent et que le génie est appelé à leur survivre. Mais Swift eut l’imprudence de mettre le pied sur une hydre bien autrement redoutable, bien autrement vivace que l’esprit de parti. Cette hydre s’appelle le cant en Angleterre, c’est-à-dire le mensonge social, l’hypocrisie, et cet ennemi-là ne meurt ni ne pardonne.
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