Joseph Kessel

Joseph Kessel

Résumé

Portrait de Joseph Kessel Joseph Kessel L'équipage... (1923)

Epuisé, il se tut. Une guêpe, comme une balle folle, tourbillonnait. Ses yeux suivirent ses ses élans, puis, de nouveau, se posèrent sur Hélène. Des larmes, qu'elle retenait, brillaient entre ses cils.
Pleure, pleure, dit Claude. Je voudrais tant pouvoir.
Elle vit qu'il savait, et, honteusement lui
prit la main. Lui, serra la paume fraîche. Alors elle fit tomber sa tête sur les draps et ses épaules se soulevaient.
La ligne du cou était si pleine, si ferme, et tant de jeunesse animait son désespoir que Claude sourit pensivement. Hélène oublierait avant lui l'aspirant Jean Herbillon.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Kessel Joseph Kessel L'équipage... (1923)

Thélis le regardait avec une sorte de tendresse railleuse.
— J'espère bien que non, fit-il. S'il fallait se battre à chaque sortie, le métier ne vaudrait plus rien.
Le jeune homme retint un mouvement de
surprise et de déception, mais le capitaine devinait tout ce qui passait sous le front de l'aspirant : son désir de montrer sa bravoure, son ambition de gloire et de bataille, sa foi dans les prouesses quotidiennes. Il se rappela sa propre arrivée, trois ans plus tôt à l'escadrille, et ses pensées, sœurs de celles qu'il lisait dans les yeux d'Herbillon.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Kessel Joseph Kessel L'équipage... (1923)

Virense est comme une fille rougissante. Servez-nous du porto dans les grands verres. Herbillon paiera.
— Tu carbures du mystère ce matin, mon capitaine, dit le jeune homme.
Thélis ne répondit qu'en lui meurtrissant l'épaule. La pièce peu à peu s'emplit et Jean crut voir sur tous les visages, sauf sur celui de Claude, un air de conspiration joyeuse.
— Allons, un quadrille de luxe, cria Thélis. Tandis qu'emportés par un rythme burlesque et fou bottes et sabots martelaient les planches,
Herbillon songeait à la danse qui l'avait accueilli.
Source : Gallica

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