Jules Barbey d’Aurevilly

Jules Barbey d’Aurevilly

Résumé

Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Les Diaboliques

C’est qu’au fond, et malgré tout ce qui pourrait empêcher de le croire, c’est un rude spiritualiste que Don Juan ! Il l’est comme le démon lui-même, qui aime les âmes encore plus que les corps, et qui fait même cette traite-là de préférence à l’autre, le négrier infernal !
Spirituelles, nobles, du ton le plus faubourg Saint-Germain, mais ce soir-là hardies comme des pages de la maison du Roi quand il y avait une maison du Roi et des pages, elles furent d’un étincellement d’esprit, d’un mouvement, d’une verve et d’un brio incomparables.
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Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Les Diaboliques

Assis comme un roi — comme le maître — au milieu de la table, en face de la comtesse de Chiffrevas, dans ce boudoir fleur de pêcher ou de... péché (on n’a jamais bien su l’orthographe de la couleur de ce boudoir) , le comte de Ravila embrassait de ses yeux, bleu d’enfer, que tant de pauvres créatures avaient pris pour le bleu du ciel, ce cercle rayonnant de douze femmes, mises avec génie, et qui, à cette table, chargée de cristaux, de bougies allumées et de fleurs, étalaient, depuis le vermillon de la rose ouverte jusqu’à l’or adouci de la grappe ambrée, toutes les nuances de la maturité.
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Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Les Diaboliques

Le chevalier de Tharsis regardait le diamant ; M. de Saint-Albans, Herminie ; Mme du Tremblay, Karkoël, qui regardait d’un œil distrait sa dame de carreau. Mais ce qui me frappa surtout, ce fut Herminie. La Rose de Stasseville était pâle, plus pâle que sa mère. La pourpre du jour mourant, qui versait son transparent reflet sur ses joues pâles, lui donnait l’air d’une tête de victime, réfléchie dans un miroir qu’on aurait dit étamé avec du sang.
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