Résumé

Jules Rivals L'âme des pierres : cité de Carcassonne (1920)

Cette ville de Carcassonne ne vivait pas seulement de la vie matérielle et militaire ; elle vivait comme les Comtés d'Albi, de Béziers, du Razès, dépendant du même jeune Suzerain, Roger de Trencavel, d'une vie morale, si je puis m'exprimer ainsi, que nul autre Comté de la Féodalité n'eut jamais ; vie particulière, étrange, qui fit d'elle une Cité à part entre toutes, une initiatrice, une annonciatrice des temps futurs qui devaient mettre des siècles à réaliser, si tant est qu'ils l'aient réalisé, l'idéal qu'elle entrevit.
Source : Gallica

Jules Rivals L'âme des pierres : cité de Carcassonne (1920)

Cette Cité complète, créée sur certains points, restaurée sur d'autres, avec ses cinquante-trois tours, ses barbacanes, ses courtines, s'impose à celui qui la voit d'en-bas, repliée dans sa double enceinte, hérissée des flèches de ses toitures et profilant ses découpures sur le ciel.
Mais la pensée dépasse bientôt cette imposante et magnifique vision. La Cité ainsi complétée a le sort des choses qui ne sont plus fidèles à leur destin ; son armure si superbement forgée dans toutes ses pièces n'a plus subi de chocs depuis que St-Louis et Philippe-le-Hardi en furent les forgerons.
Source : Gallica

Jules Rivals L'âme des pierres : cité de Carcassonne (1920)

Si son voisin le Comte Raymond de Toulouse avait secondé les tendances du Vicomte de Carcassonne, l'esprit de tolérance aurait vaincu et empêché, fût-ce par la force, la guerre religieuse qui eut pour but d'extirper l'hérésie, de satisfaire les ambitions des Croisés, du haut Clergé, cachant comme l'abbé de Maguelonne sous un excès de zèle catholique le désir de supplanter les Seigneurs..
La Cité devait ses tendances, sa conception de la société, du droit de vivre, de la tolérance et de l'humanité à celui qu'on ne saurait jamais trop, lorsqu'il s'agit d'elle, faire revivre et immortaliser.
Source : Gallica

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