Résumé

Portrait de Jules Simon Jules Simon L’Enseignement primaire des filles en 1864

Ainsi par exemple la loi ordonne d’enseigner la religion. Soit, on l’enseigne, voilà la loi satisfaite ; mais comment ? C’est ici que les mœurs prennent leur revanche. Partie des maîtres ne croient pas ; parmi ceux qui croient, beaucoup ne comprennent pas. Ils n’enseignent que des lèvres, peine perdue : la foi seule peut engendrer la foi ; c’est un privilège éternellement refusé au scepticisme. Ce n’est rien encore. La loi, dans un pays de liberté religieuse, ne peut préférer aucune religion elle est obligée de s’en rapporter aux familles.
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Demandons à la science d’opposer la foi à la foi, c’est-à-dire une force à une force, et non pas l’indifférence à la foi, c’est-à-dire une faiblesse à une force. Il semble à des esprits sans portée que l’indifférence et la foi vivront bien ensemble, parce que l’une exige et que l’autre cède ; mais céder à une croyance sans l’accepter, c’est ne pas être. La paix entre deux âmes est possible quand elle est fondée sur l’identité de foi, elle est encore possible quand elle est fondée sur le respect réciproque d’une foi diverse et sincère
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Aujourd’hui l’opinion n’est plus aux compromis. Elle veut qu’on se prononce entre la foi et l’incrédulité, entre une foi et une autre. Au lieu de crier contre le clergé qui repousse le mort, elle crie contre le mort qui veut finir son rôle terrestre par un mensonge. Elle ne tourne pas au fanatisme, car elle ne demande ni oppression, ni exclusion ; mais si elle accorde à tout le monde le droit de penser librement, elle impose à chacun le devoir de professer hautement sa doctrine. Bref, elle veut mettre la tolérance par respect à la place de la tolérance par indifférence.
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