Jérôme Delandine de Saint-Esprit

Résumé

Jérôme Delandine de Saint-Esprit Histoire de l'Empire, 1804-1814 (1843)

Comme un héraut d'armes saluant les sépulcres, la renommée cria la vie de Napoléon.
Deux hommes se sont formés dans sa carrière: le consul et l'empereur. L'un rangea la gloire dans un parti militaire; l'autre tira d'un tronc de vaillance des palmes détachées. Le consul marcha avec des pieds d'airain, l'empereur, avec des pieds d'argile; le consul ouvrit la voie des progrès, l'empereur vint la clore.
La patrie, sous le consul, eut un crime de nuit qui fit tache dans les fossés de Vincennes. La patrie, sous l'empire, en eut plusieurs à huis clos, qui rougirent la plaine de Grenelle.
Source : Gallica

Jérôme Delandine de Saint-Esprit Histoire de l'Empire, 1804-1814 (1843)

L'esquif sillonne l'escadre de surveillance ; on ne peut croire qu'il porte la fortune d'un drapeau. Napoléon entre dans le golfe de Don-Juan, il touche la plage française, son épée s'abaisse en vue de la rade de Cannes. Le 1er mars 1815, il aborde et marche en avant; un houra de triomphe éclate : « Vive l'Empereur! » c'est une nouvelle ovation, c'est le cri des soldats qui l'entourent et qui lui fraient route. Ils abaissent leurs mousquets pour fraterniser d'enthousiasme; le trône impérial est
relevé l'arme au bras.
Source : Gallica

Jérôme Delandine de Saint-Esprit Histoire de l'Empire, 1804-1814 (1843)

L'homme qui se posait pour être vu de l'Europe, n'avait pour blason qu'une épée ; cette épée; trempée au feu des batailles, portait un sceptre et ne pliait pas. Dans cette cérémonie qui ramenait aux regards l'ombre des vieux temps, l'étonnement remplaçait l'enthousiasme, la crainte, le respect, la méditation, la ferveur. Le roi des baïonnettes en s'inclinant devant le chef de la catholicité, n'accomplissait qu'une œuvre politique. La religion en lui donnant le baptême des fils aînés de l'Église, n'octroyait pas une adoption bénite; elle recevait
la permission de l'offrir.
Source : Gallica

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