Résumé

La Fauvette : souvenirs de littérature contemporaine (1842)

Ah ! tout enfant d'un an est un Enfant-Jésus !
ELLYS.
Vous avez bien raison !... et leurs coeurs ingénus, Leurs coeurs tout ignorants de la vie et des choses, Ont la virginité de leurs petits pieds roses, Qui, n'ayant pas marché, sont frais comme une fleur... Et votre enfant déjà vous aime-t-il de coeur ?
CLARY.
Oui ! car lorsqu'elle voit des larmes sur ma joue, Elle accourt vite avec une petite moue, Et vient baiser mes yeux... Pauvre ange nouveau-né, Qui ne sait même pas le nom d'infortuné, Et qui comprend que Dieu créa dans nos misères Les baisers des enfants pour les larmes des mères !
Source : Gallica

La Fauvette : souvenirs de littérature contemporaine (1842)

Qui de nous meurt dans son berceau ? La vie entière est un voyage Au bout duquel s'ouvre un tombeau.
Qui donc n'est jeté dans l'espace, Proscrit, errant, privé d'appui ? Comme au ciel chaque étoile a fui, Sur la terre ainsi l'homme passe.
Rien n'est stable, assuré, certain ; Tout, au contraire, est éphémère ; Il n'est ici-bas qu'une mère Dont l'amour survive au destin !
Pauvre oiseau bleu, tu l'as trouvée ! Remplace pour elle un enfant . Si sa main du mal te défend, C'est qu'elle-même est éprouvée !
Son sein, pour toi voilà le port, L'asile où t'a jeté l'orage...
Source : Gallica

La Fauvette : souvenirs de littérature contemporaine (1842)

Dans le coeur d'une femme, oh ! jamais la patrie N'a mis ce doux instinct de tendre rêverie. C'était un autre nom qu'elle aimait à jeter, Pensant qu'à l'autre bord le vent l'irait porter, Et priant à genoux, car ce haut bloc de pierre Était comme un autel d'où montait sa prière...
De sa lèvre tremblante un cri s'est échappé... Son regard attentif ne s'était pas trompé. Voilà des Vendéens à la cocarde blanche... Hélène a tressailli, vers l'onde elle se penche. O bonheur ! les rameurs ont compris son signal, La vision céleste est pour eux un fanal.
Source : Gallica

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