“ Quoi, François de Valois, ce prince au cœur de feu, Rival de Charles-Quint, un roi de France, un Dieu, — À l’éternité près, — un gagneur de batailles Dont le pas ébranlait les bases des murailles, Il tonne de temps en temps. ”
François de Valois
Définition et enjeux
Citations sur “François de Valois”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1838)
“ Mais tous ces progrès de la civilisation, toutes ces révolutions dans les esprits, dans les mœurs dans les lois, ne s'opérèrent que graduellement au milieu de tous les désastres. Il fallut que les François reçussent les trois leçons de Crécy, de Poitiers et d'Azincourt, pour apprendre à délivrer leur patrie. Le règne de Philippe VI, dit de Valois, ouvre cette scène de notre histoire. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1857-1858)
“ Au surplus l'histoire, qui dit le bien comme le mal, doit reconnaître aujourd'hui que les Valois n'ont point été traités avec impartialité. C'est de leur règne qu'il faut dater le perfectionnement des lois administratives, civiles et criminelles ; on en compte quarante-six sous le règne si court de François II, cent quatre-vingt-huit sous le règne de Charles IX, et trois cent trente sous celui de Henri III : les plus remarquables furent l'ouvrage du chancelier de L'Hospital. ”
P.-L. Roederer,
L'esprit de la révolution de 1789
“ Sous les derniers Valois, les anoblissemens furent innombrables; les écuyers pullulèrent. On vit la France semée d'hommes nouveaux qui sortaient du commun état comme pour adorer de loin la cour, observer de près la roture, exciter la vanité et l'ambition de quelques bourgeois, et faire le désespoir du grand nombre.Le règne de Louis XIV, celui de Louis XV, enchérirent sur les scandales des Valois. Comme les descendans de François Ier et à l'exemple de François Ier lui-même, ils fatiguèrent la nation de leur faste, de leurs profusions, de leurs favoris, de leurs maîtresses. ”
Armand Parrot, Voyage du roi François Ier à Angers… (1858)
“ DU ROI FRANÇOIS Ier A ANGERS, EN 1518. Un des premiers actes de la munificence de François de Valois (1) , lorsqu'il monta sur le trône de France après la mort de Louis XII, son (1) François, duc de Valois fils de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême et de Louise de Savoie naquit à Cognac le 12 septembre 1494. Le 1 er janvier 1496, il perdit son père qui était un des plus hommes de bien qui fîct entre les princes du sang. Son éducation fut confiée à deux Angevins célèbres le maréchal de Gié et Arthur Gouffier, sire de Boissy. ”
Ernst Pitawall, Les épouses infortunées de Henri VIII, roi d'Angleterre… (1878)
“ Le message dangereux a réussi. La trahison -s'accomplit presque aux yeux du roi. Marie change de couleur. François de Valois s'est précipité dans la salle avec les courtisans et les médecins. Tout le monde s'empresse autour du roi, mais François n'a des regards que pour la reine. Aurait-il vu qu'elle a vivemeut serré un billet, où la blâme-t-il d'abandonner à ses dames le soin de ramener le roi à la vie ? Ses regards ont une singulière expression. ”
Guy de Bremond d'Ars, Le père de Madame de Rambouillet… (1884)
“ Voici le résumé de la fin de la carrière de Francois de Valois : Signature de son contrat de mariage avec Elisabeth, 11 juin 1581 ; Prise de Cambrai, 18 août ; Fiançailles en Angleterre, 22 novembre ; Puis rupture; Proclamation comme duc de Brabant, 19 février 1582; Coup manqué sur Anvers, 17 janvier 1583; Départ des Pays-Bas, juin 1583; Mort, 10 juin 1584. ! Saint-Gouard à Henri III, 26 octobre 1581, Ms. Bibl. nat. F. fr. 16108. à faire partir pour la France l'agent Maldonado qui traiterait des questions posées par M. de Saint-Gouard. ”
François-Anatole Gruyer,
La peinture au château de Chantilly…
(1896-1898)
“ Le portrait copié par Gaignières est apocryphe. Il représente un vieillard, et Charles de Valois est mort jeune. ont pris leur accentuation, leur sentiment, leur esprit définitifs, et n'en sont pas moins restés conformes à ce qu'ils étaient dans l'épanouissement de la vingtième année. Les yeux et la bouche ont gagné seulement plus de franchise dans leur expression, plus de cordialité dans leur enjouement, plus d'abandon dans leur affabilité. Déjà, cependant, les joues se sont alourdies; le nez s'est épaissi, est plus tombant encore qu'il ne l'était jadis. ”
François-René de Chateaubriand,
Atala ; René ; Le dernier des Abencérages…
(1849)
“ Charles de Valois, duc d'Angoulême, fils naturel de Charles IX et de Marie Touchet, frère utérin de la marquise de Verneuil, fut investi du comté de Clermont et d'Auvergne. Il entra dans les complots de Biron, dont la mort est justement reprochée à Henri IV. A la mort d'Henri III, Henri IV avait dit à Armand de Gontaud, baron de Biron : C'est à cette heure qu'il faut que vous mettiez la main droite à ma couronne; venez-moi servir de père et d'ami contre ces gens qui n'aiment ni vous ni moi. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1857-1858)
“ C'est à la loi salique que nous devons, comme nation, une existence dont la durée n'a point d'exemple dans les annales du monde. Nos pères étaient si convaincus de l'excellence de cette loi que, dans la crainte de la violer, ils ne reconnurent point immédiatement Philippe de Valois pour successeur de Charles le Bel. A la mort de celui-ci, la monarchie demeura sans monarque. La reine était grosse; elle pouvait porter ou ne pas porter le roi dans son sein : en attendant on resta soumis à la légitimité inconnue, et le principe gouverna dans l'absence de l'homme. ”
François-René de Chateaubriand,
Chateaubriand illustré. Mélanges politiques
(1835-1850)
“ A la mort de Philippe le Bel ils adjugèrent la couronne à Philippe de Valois, au préjudice d'Edouard III, roi d'Angleterre; ils aimèrent mieux se condamner à deux siècles de guerre que de se laisser gouverner par un étranger. Cette noble résolution fut la cause de la gloire et de la grandeur de la France : l'oriflamme fut déchirée aux champs de Crécy, de Poitiers et d'Azincourt, mais ses lambeaux triomphèrent enfin de la bannière d'Edouard III et de Henri V, et le cri de Montjoie Saint-Denis étouffa celui de toutes les factions. ”
Ferdinand de Norreys, Inventaire d'une bibliothèque de famille… (1900)
“ Ces auteurs ajoutent que du mariage de Michel II et de Souveraine est venue une grande lignée; qu'ils sont inhumés dans l'église de Chilly; que le duc François de Valois reconnut Souveraine pour sa soeur naturelle par lettres du 7 février 1512, et que le 10 du même mois elle épousa au château d'Amboise le seigneur de Longjumeau, chevalier, panetier du Roy; ailleurs il est de plus qualifié de gentilhomme do sa chambre, chevalier de l'Ordre du Roy. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1857-1858)
“ Une assemblée de notables adjugea en France la régence d'abord, ensuite la couronne, à Philippe de Valois : on est bien près de retirer le sceptre lorsqu'on le donne. Quant aux communes, celles de Flandre tenaient leurs princes en tutelle ; les communes d'Angleterre avaient eu voix dans l'arrêt qui condamna Edouard II; elles eurent voix encore dans la déposition de Richard II. Les communes de France, en 1355, 1356 et 1357, constituèrent les états sans s'embarrasser des priviléges de la royauté, sans demander la sanction du prince pour rétablir l'indépendance. ”
Jean Vatout,
Le Château d'Eu, notices historiques…
(1836)
“ Mademoiselle de Valois avait de très-beaux yeux, le regard fin et spirituel, une belle peau, une jolie bouche, le nez un peu trop long. Elle était grande et bien faite, mais elle se tenait mal, ne marchait pas avec grâce. Indolente et paresseuse, et négligée dans ses attitudes et dans ses manières, elle avait pourtant le désir de plaire : elle avait du goût pour la parure, et aimait à entendre dire qu'elle était belle. François-Marie d'Est, duc de Modène, la de- manda en mariage, et le régent la lui accorda. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1857-1858)
“ Louis XIV regardait les artistes comme des ouvriers ; François Ier; comme des amis. Louis XIV, plus véritable souverain que les Valois, leur fut inférieur en intelligence et en courage. Autour de François II, de Charles IX, de Henri III, on aperçoit encore les restes indépendants de l'aristocratie; autour de Louis le Grand, les descendants des fiers seigneurs de la Ligue ne sont plus que des courtisans, troquant l'orgueil de leur indépendance contre la vanité de leurs noms, mettant leur honneur à servir, ne tirant plus l'épée que dans la cause d'un maître. ”
Théodore Cahu, Histoire du chevalier Bayard racontée à mes enfants (1898)
“ Quand un roi mourait sans enfant ou ne laissait que des filles, son plus proche parent devenait l'héritier du trône; c'est pour cela qu'il y eut les Valois qui régnèrent depuis Philippe VI en 1328, puis les Valois Orléans, sous Louis XII, les Valois Angoulême de 1515 à 1589. Ensuite les Bourbons. j François Ier commençait la branche des Valois Angoulême, et ce fut sous son règne que la Renaissance brilla de son plus vif éclat. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1857-1858)
“ Cet arrêt fait revivre le pouvoir souverain de la cour des pairs même sur un roi, et ce roi est le roi légitime, le roi de France ; l'information doit être faite contre ceux qui se trouveront chargés et coupables; ces coupables sont les assassins, et leur chef, Henri de Valois; enfin le parlement se prétend la cour des pairs : voilà l'aristocratie entière ressuscitée, appuyée de la fougue populaire et recommençant sa vie d'un moment par le JUGEMENT d'un roi : qu'a fait de plus la démocratie de 1793? ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1857-1858)
“ Depuis le commencement de la troisième race jusqu'aux Valois, il n'y avait point eu en France de guerre civile proprement dite. Les. guerres féodales étaient des guerres de souverain à souverain, car les seigneurs étaient de véritables princes indépendants. Si la moitié de la France prit les armes contre l'autre sous Charles V, Charles VI et Charles VII, c'est que la France était partagée entre deux souverains, le roi de France et le roi d'Angleterre. ”
François-René de Chateaubriand,
Œuvres complètes
“ Charles IX rivalisoit avec Ronsard ; les chants de Marguerite de Valois, d’ailleurs tolérante et humaine (elle sauva plusieurs victimes à la Saint-Barthélemy) , étoient répétés par toute la cour : ses Mémoires sont pleins de dignité, de grâce et d’intérêt. Le siècle des arts en France est celui de François Ier en descendant jusqu’à Louis XIII, nullement le siècle de Louis XIV : le petit palais des Tuileries, le vieux Louvre, une partie de Fontainebleau et d’Anet, le palais du Luxembourg, sont ou étoient fort supérieurs aux monuments du grand roi. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1838)
“ A minuit Valois lui dit : « Mon fils, allez « vous coucher, et dites à Duhalde qu'il ne Il faille de m'esveiller à quatre heures, et vous « trouvez ici à pareille heure. Le roi prend « son bougeoir et s'en va dormir avec la reine. » (MIRON. ) Le duc de Guise veilloit alors auprès de Char- lotte de Beaune, petite-fille de Semblançai, mariée d'abord au seigneur de Sauve, et en secondes noces à François de la Trémoille, marquis de Noirmoutiers. Aussi belle que volage, elle alloit, selon l'expression libre du Laboureur, coucher d'un parti chez l'autre. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1838)
“ Mort de Henri III. Tableau général des hommes et des mœurs sous les derniers Valois, et histoire de ces mœurs par les pamphlets de cette époque. Débauche, cruauté, assassins à gage, fem- mes, mignons, protestants, magistrats. La presse (ou les idées) joue pour la première fois un rôle important dans les affaires humaines. Ce qu'il y a à dire en faveur des Valois. Leur siècle est le véritable siècle des arts, et non celui de Louis XIV. Henri IV lui-même eut quelque chose de moins royal et de moins noble que les princes dont il reçut la couronne. ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1857-1858)
“ « Mon Dieu ! qu'il est grand ! il paroist encore plus grand mort que vivant. » (L'ESTOILE.) Derechef, il le poussa du pied, et parlant à Loignac : « Te semble-t-il qu'il soit mort, Loignac? » Alors Loignac, le prenant par la teste, répondit à Henri de Valois : « Je croy qu'ouy : car il a la couleur de mort, sire. » Ainsi, Henri de Valois, traistre, couard et poltron, fait mourir ce magnanime prince Et croy que si M. de Guise eust seulement respiré, lorsqu'il le repoussa du pied, ANALYSE RAISONNÉE DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 85 il fust tombé de frayeur auprès de luy. » ”
Jules Michelet,
Histoire de France - Moyen Âge…
“ Philippe de Valois, en quelques années, avait su mécontenter tout le monde, les seigneurs par l'affaire de Robert d'Artois, les bourgeois et marchands par son maximum et ses monnaies, le pape par ses menaces, la chrétienté entière par sa duplicité à l'égard de l'Empereur et par sa demande de lever dans tous les États les décimes de la croisade. ”
Ferdinand Brunetière,
Revue littéraire. — L’Instruction primaire sous l’ancien régime
“ Chacun sait au surplus que, si les Valois sont au premier rang parmi les princes protecteurs de ce qu’on pourrait appeler les parties brillantes de la civilisation, il y a beaucoup à dire, depuis Philippe VI jusqu’à Henri III, sur la manière dont ils ont compris, pour la plupart, leurs devoirs envers la France. ”
Charles Giraud,
Sixte— Quint, son influence sur les affaires de France au xvie siècle…
“ Rien n’égalait la beauté de leur sang et la noblesse de leur allure, que le Tasse a célébrées. François, le grand duc de Guise, avait une figure héroïque, et les enfans que lui avait donnés la gracieuse Anne d’Este, sœur du duc de Ferrare [13] , étaient beaux comme des anges, selon l’expression d’un ambassadeur étranger. ”
Hendrik Conscience,
Le Lion de Flandre
(1838 (NL))
“ Bientôt après le roi et la reine entrèrent dans la salle, accompagnés d’un nombreux cortége de chevaliers et de dames, et prirent place sur le trône. La plupart des seigneurs français se rangèrent sur deux lignes le long de la muraille ; les autres demeurèrent dans le voisinage des bourgeois. Deux hérauts d’armes, portant les bannières de France et de Navarre se placèrent aux deux côtés du trône. Sur un signe du roi, Charles de Valois s’avança avec le comte Guy et les nobles flamands. ”
Marguerite de Valois, La ruelle mal assortie (1922)
“ Celleci était fille d'Henri II et de Catherine de Médicis, sœur des trois derniers rois de la race des Valois et du duc d'Anjou, et femme d'Henri de Bourbon, qui, à la mort d'Henri III, devint le roi de France Henri IV. Petite-nièce par le sang, et petite-fille par alliance de Marguerite d'Angoulême, sœur de François Ier, et qui avait été elle aussi reine de Navarre, elle mérite comme sa grand'tante d'être comptée parmi les meilleurs écrivains de la Renaissance française. ”
Gustave Flaubert,
Œuvres de jeunesse
“ Oui, je le sais, hélas, répondit le duc, dont la physionomie se rembrunissait de plus en plus ; je sais que le roi a de sombres projets et que mon nom l’oppresse et le gêne ; que ma réputation de vaillance et de gloire l’humilie ; je sais que mon regard le fait trembler, lui, Henri de Valois, assis sur son trône ; je sais que s’il n’emploie le bourreau, il se servira de l’assassin... ”
Siméon Luce,
Histoire de Bertrand Du Guesclin et de son époque…
(1876)
“ L'ennemi luimême rendra tout à l'heure hommage à tant d'héroïsme. Jusqu'alors Édouard III et son fils aîné ont affecté de n'appeler le fils et successeur de Philippe de Valois que Jean de Valois ; mais, après Poitiers, le prince de Galles sent bien que les chevaliers anglais seraient les premiers à protester s'il gardait ces habitudes de langage avec un prince qui a défendu si intrépidement l'honneur de sa couronne. Aussi, lorsque le vainqueur aborde son .prisonnier le soir de la bataille, ce n'est plus Jean de Valois qu'il salue, c'est le roi de France. ”
Anatole France,
Vie de Jeanne d'Arc
“ Le roi Charles de Valois pardonne à tous, et il ne lui souvient plus des injures reçues. Les Anglais et les Français, tournés à contrition et pénitence, s'appliquent à conclure une bonne et droite paix. La Pucelle leur en a imposé elle-même les conditions. Conformément à sa volonté, Anglais et Français, durant une ou deux années, porteront un habit gris, avec une petite croix (p. 539) cousue dessus; le vendredi de chaque semaine, ils ne prendront que du pain et de l'eau; ils vivront en bonne union avec leurs femmes et ne dormiront point avec d'autres. ”
Hendrik Conscience,
Le Lion de Flandre
(1838 (NL))
“ Des ennemis victorieux entouraient le malheureux souverain, et cependant, dans son cœur plus fort que tant de malheurs, le désespoir ne pouvait trouver place. À côté de lui marchait Charles de Valois, frère du roi de France. Il discutait vivement avec le vieux Guy ; mais celui-ci ne semblait pas acquiescer à ses paroles. Le glaive de combat n’était plus suspendu à la selle du prince français ; un habit plus simple et plus commode, et une longue et fine épée remplaçaient ses armes pesantes de la veille. Derrière lui s’avançait un chevalier d’une physionomie éminemment hautaine et rébarbative. ”
