Résumé

Portrait de Laurent Barré Laurent Barré L’emprise : Bertha et Rosette

Et si elle l’aime un tout petit peu, n’est-ce pas un vol à l’égard de Gustin à qui elle a promis son affection, ses pensées son dévouement, sa vie en entier, et non pas les restes des autres ?
Sa détresse morale est telle que sa voix s’étrangle comme pour un sanglot :
— Oh ! laissez-moi, répète-elle, j’ai mal ! Elle se recule, puis d’un pas chancelant, s’en va retrouver sa mère.
Le cas de Bertha est réglé. Elle ne danse pas, c’est qu’elle est malade. Et la veillée de continuer comme si rien d’étrange ne s’était passé.
L’Américain éprouve en lui-même du dépit.
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Portrait de Laurent Barré Laurent Barré L’emprise : Bertha et Rosette

Pour comble d’ennui, le bombardement de la tranchée voisine par l’artillerie française commençait par un coup d’essai portant trop loin, et se continuait par d’autres coups de canon de plus en plus précis.
Terrés dans leur trou, les deux Canadiens attendaient en silence. Qu’il fut long cet après-midi d’inaction !
Puis ce fut la nuit ; nuit noire et sans lune, comme les précédentes. Nos deux soldats ne savaient pas où ils étaient. Ce qu’ils savaient, c’est qu’ils étaient sans manger et sans boire depuis trente-six heures.
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Portrait de Laurent Barré Laurent Barré L’emprise : Bertha et Rosette

Alors, elle se demandait : « Est-ce mal ? » Instinctivement son cœur honnête répondait : « Oui, c’est mal, puisque tu en rougirais. »
Mais le promis était si loin. L’Américain était si beau. Il n’y a pas de mal à s’amuser, même quand on a promis fidélité, pensait-elle.
Ses promesses, elle y tenait, oh ! oui ! Et dans son inexpérience de la vie, elle aurait été surprise, peut-être scandalisée et insultée, si quelqu’un lui avait dit qu’elle était sur la voie du parjure.
Elle tenait à ses promesses, et depuis le départ de son amoureux, jamais elle n’avait dansé.
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