Résumé

Portrait de Ludwig Börne Ludwig Börne Lettres écrites de Paris pendant les années 1830 et 1831… (1832)

Le glaive ne détruit que la possession et tue le corps ; mais la parole détruit le droit et assassine l'ame. A de tels discours, un tel silence ! et si les Polonais sont exterminés, alors en avant les chiens allemands contre le siége de la liberté, contre la France! Alors on les placera entre le glaive des Français et le fouet des Russes , entre la mort et l'infamie !... N'est-ce point ignominieux pour nous, que l'empereur de Russie, maître de soixante millions d'esclaves, n'en ait trouvé aucun assez esclave pour égorger la liberté des Polonais, excepté Diébitsch , un Allemand !
Source : Gallica

Portrait de Ludwig Börne Ludwig Börne Lettres écrites de Paris pendant les années 1830 et 1831… (1832)

Hier j'ai vu au Théâtre-Français deux pièces de Molière : l'Etourdi et le Malade Imaginaire. Là on peut rire en tout honneur sans être obligé de rougir le lendemain. C'est un prodige qu'un éclair qui a abandonné les nues depuis cent soixante-dix ans, —il y a tant de temps que Molière est mort, — enflamme encore aujourd'hui. Combien de temps Scribe fera-t-il rire? Nos poëtes comiques actuels nous montrent les folies à la mode, Molière nous a montré les éternelles folies de l'homme. Je considérai avec amour et piété le buste de Molière qui est dans le foyer, vis-à-vis de celui de Voltaire.
Source : Gallica

Portrait de Ludwig Börne Ludwig Börne Lettres écrites de Paris pendant les années 1830 et 1831… (1832)

Chaque victoire rapproche les Polonais de leur ruine. Ils sont trop faibles, trop pauvres en hommes. Le riche empereur Nicolas tire toujours de nouveaux soldats comme des pierres d'une carrière, et cela continue ainsi, sans s'épuiser jamais. Que sont les hommes à un despote ? Il ménage ses forêts davantage. Ce n'est pas la sagesse de Dieu, c'est la sottise du diable seulement qui peut encore sauver les Polonais. Ah ! y a-t-il donc un Dieu? Mon coeur ne doute pas encore, mais la tête peut bien en devenir faible, et quand même,—que sert à l'homme passager un Dieu éternel?
Source : Gallica

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