Résumé

Portrait de Léon Gozlan Léon Gozlan Les Maîtresses à Paris

Le hasard, ce brave garçon de hasard, fait qu’un beau soir on se prête de l’eau ; un autre beau soir, de la lumière ; un autre soir infiniment plus beau, la romance en vogue. Bientôt on ne se prête plus rien, on se donne tout : on n’a plus qu’un loyer à payer, quand on le paye. Enfin l’artiste a trouvé sa muse, celle qui le soutient, l’encourage, l’inspire, écoute ses vers, admire ses tableaux, copie ses romans ou ses drames. Quelle bonne créature que la maîtresse parisienne lorsqu’elle s’éprend d’un fol et joyeux amour pour celui qui n’a rien !
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Portrait de Léon Gozlan Léon Gozlan Les Maîtresses à Paris

Aussi se démontre-t-on facilement que les plus splendides œuvres (prenez au hasard) de la peinture, de la statuaire et de la poésie ont été inspirées par ces femmes indépendantes que nous appelons aujourd’hui maîtresses. Ne citez pas, il faudrait tout citer, enfermer le monde des arts tout entier entre des guillemets. Érudition facile, érudition blessante pour la femme du mariage. Mais pourquoi la blesserait-on ? Elle est la raison, la maîtresse n’est que l’esprit ; elle est l’ordre, la maîtresse n’est que l’enthousiasme ; elle est le bon sens, la maîtresse n’est que le délire
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Portrait de Léon Gozlan Léon Gozlan Les Maîtresses à Paris (1852)

Paris est d'abord la ville de tout le monde, et ensuite, quand il y a de la place, la ville des Parisiens. Ce gracieux lype de la civilisation, cette femme exquise entre toutes les femmes, celle dont on cite l'esprit à SaintPétersbourg et dont on imite les manières à Kanton ; celle qui n'a pas un caprice qui ne devienne une loi dans tous les endroits de la terre où se trouve un salon, la Parisienne, enfin, prend naissance non à Paris, mais sur un des milliers de points de cette vaste contrée qu'on appelle, pour ne pas blesser la Belgique et le royaume de Saxe, le département de Seine-et-Oise.
Source : Gallica

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