Résumé

M. Cresson,  Revue des Deux Mondes

“ « Les Prussiens sont très formalistes, très affectés dans leur politesse excessive. Le cérémonial leur est une habitude ; n’oubliez pas de saluer le chancelier du titre d’excellence. »
Jules Favre reprit encore : « Un soldat devrait traiter l’armistice; forcé moralement de prendre la place du chef militaire, j’ai osé l’impossible; je suis épuisé, malade. Je puis mourir, vous me le dites, peut-être subitement, sous les coups d’un fanatique. Je mourrai tranquille si je laisse un homme sûr, prêt à continuer avec l’ennemi, qui le connaîtra, l’œuvre douloureuse et nécessaire de l’armistice. »
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M. Cresson,  Revue des Deux Mondes

“ Devais-je accepter la table de l’ennemi? peut-être gêner les intentions de Favre ? Ces réflexions ne prolongèrent pas mon hésitation, et je répondis en saluant : « Votre Excellence voudra bien me permettre de décliner l’honneur qu’elle m’offre. J’ai à Versailles des parens d’un grand âge, je désire les voir et accepter leur hospitalité. »
Le chancelier se redressa; d’un geste il dérangea le parement jaune de sa tunique, et avec toute la hauteur dont il peut être capable : « Très-bien ! très-bien, dit-il, comme vous voudrez. »
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M. Cresson,  Revue des Deux Mondes

“ M. le comte de Bismarck, mon guide chez le général Stock, était devant moi, secouant un cigare allumé.
Le comte de Bismarck ne ressemble pas au chancelier son père. Il est petit; son nez est mince et recourbé, ses yeux ronds et perçans lui donnent un aspect dur, que le reste de sa personne n’adoucit pas. — Monsieur le préfet de police, dit-il avec un accent étranger très prononcé, bien sûr vous n’avez pas dîné? Nous sommes là-dedans aux cigares; vous voulez bien, n’est-il pas vrai, venir vous asseoir avec nous ? Le chancelier me charge de vous chercher et de vous faire servir.
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