Marie-Louise Pailleron

Marie-Louise Pailleron

Résumé

Portrait de Marie-Louise Pailleron Marie-Louise Pailleron L'affaire de West-Port (1937)

Une circonstance me frappe toujours quand j'observe les réactions de l'opinion publique vis-à-vis des coupables : le soin que les autorités apportent à les sauver de la fureur populaire. Pourquoi? Quand un gredin chargé de crimes, comme Hare par exemple, échappe à la justice grâce à la faiblesse des lois, ou à la veulerie des jurés, « le lion populaire », pour parler comme M. Auguste Barbier, s'éveille. La foule, comme l'enfance, a l'horreur de l'injustice; quand elle commet des erreurs sur la personne, c'est qu'elle
est trompée par quelque autre bandit plus subtil.
Source : Gallica

Portrait de Marie-Louise Pailleron Marie-Louise Pailleron L'affaire de West-Port (1937)

L'effort que fait Mrs. Hare pour écouter, éviter les pièges de l'interrogateur, se lit dans le regard dur, le pli que la mâchoire serrée donne aux joues. L'ensemble représente bien la paysanne âpre et insensible. On la comprend mieux, on la voit davantage en regardant cette esquisse, on se l'imagine avec l'autre femme, faisant le guet pendant que leurs maris tuent dans cette sinistre soupente, et dès que la victime, sans vie, gît sous la paille du lit, les deux amies rentrant finir avec les
assassins la bouteille de whisky entamée et se partageant la malheureuse défroque de la morte.
Source : Gallica

Portrait de Marie-Louise Pailleron Marie-Louise Pailleron L'affaire de West-Port (1937)

Cette foule désirait seulement constater avec ses milliers d'yeux que l'homme abhorré allait mourir, expier enfin ses crimes. Elle ne toléra pas qu'on le lui cachât. Montrez-le! criaient les 20.000 bouches... et aussi : « Hare ! amenez Hare ! — Pendez Knox ! » C'est un odieux morceau (an obnoxious morcel!) . Pendant qu'on passait la corde au cou du condamné, les cris de rage redoublèrent : « Pas de corde ! — Étouffez-le !
— Autant pour Hare ! — Pesez-les ensemble. — Lavez le pays du sang versé! ! » et à Burke : « Vous verrez Daft Jamie dans une minute ! »
Source : Gallica

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